L'initiative pour une caisse maladie unique rejetée par les Etats

BERNE - A l'instar du National, le Conseil des Etats ne voit pas dans la création d'une caisse unique la solution aux problèmes de l'assurance maladie. Il a rejeté cette initiative, par 31 voix contre 7. Seule la gauche, à l'origine du texte, l'a soutenu.L'initiative populaire "pour une caisse maladie unique et sociale", sur laquelle le peuple devra se prononcer, vise à ce qu'une seule institution sans but lucratif gère l'assurance de base pour toute la Suisse. Les actifs et les passifs des quelque 90 assureurs existants lui seraient transférés dans un délai de trois ans.La caisse unique serait administrée de façon tripartite par les représentants des prestataires de soins, de l'Etat et des assurés. L'initiative prévoit également l'abandon des primes "par tête" pour des cotisations calculées selon la capacité économique des assurés.L'idée de baser les primes sur le revenu ou la fortune a déjà été rejetée en 2003 lors du clair refus de l'initiative "La santé à un prix abordable", a rappelé Erika Forster (PRD/SG) au nom de la commission préparatoire. Selon elle, la classe moyenne ferait les frais d'un tel système, qui reviendrait à introduire un nouvel impôt de surcroît difficile à appliquer.Selon la majorité bourgeoise, l'autre grand défaut du texte est d'être inapte à endiguer la hausse des côuts et à accroître la transparence. Un caisse unique reviendrait à créer un "moloch" monopolistique, a critiqué Alex Kuprecht (UDC/SZ).Vu qu'une institution qui a le monopole du marché n'a aucun intérêt à faire baisser les coûts de la santé, les primes continueront de grimper. Et sans concurrence, finie l'incitation à l'innovation. Le camp bourgeois mise donc davantage sur les mesures proposées par le Conseil fédéral dans le cadre de la réforme en cours de la loi sur l'assurance maladie (LAMal).La concurrence voulue par la LAMal ne fonctionne pas. Pire, elle n'a pas réussi à freiner la hausse des primes, a répliqué en vain Gisèle Ory (PS/NE). Et de s'en prendre à un système à deux vitesses, le montant des primes étant actuellement le même pour les riches et les pauvres.La caisse unique ne résoudra certes pas tous les problèmes, mais elle apportera clarté et transparence, selon la gauche. Elle simplifiera la fixation des primes et permettra d'en finir avec la chasse aux bons risques (les personnes plus jeunes et en meilleure santé), menée actuellement par les assureurs.Selon les initiants, une caisse unique permettrait en outre d'alléger considérablement les charges administratives. Un argument contredit par Christiane Langenberger (PRD/VD). D'après elle, les frais publicitaires sont des dépenses négligeables par rapport aux frais de gestion et de contrôle qu'une instance monopolistique ne pourra pas réduire. /ATS
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