Privatisation de Swisscom: le National refuse le projet

BERNE - La privatisation de Swisscom s'éloigne: le Conseil national a refusé de justesse d'entrer en matière sur le projet. Le Conseil des Etats doit encore se prononcer. Si le projet passe finalement la rampe du Parlement, la gauche lancera un référendum.Le projet a été enterré au National par 99 voix contre 90 et 4 abstentions. Cinq heures de débat et une quarantaine d'orateurs n'ont pas réussi à ébranler les fronts.Le camp rose-vert et le PDC ont serré les rangs pour torpiller le dossier prôné par le Conseil fédéral et le géant bleu. Emmenés par les radicaux et la majorité de l'UDC, les partisans de la cession des actions détenues par la Confédération (62,45% du capital) n'ont pas réussi à renverser la vapeur.Les opposants ont fustigé la légèreté avec laquelle le Conseil fédéral a préparé le dossier. Le gouvernement n'a pas réussi à lever les doutes sur la nécessité de céder les parts de l'Etat dans le géant bleu, a ainsi critiqué la candidate au Conseil fédéral Doris Leuthard (PDC/AG) avant d'exiger une autre stratégie permettant à l'entreprise d'investir à l'étranger.Nombre d'orateurs se sont inquiétés du "bradage de ce patrimoine national", soulignant que Swisscom a rapporté aux caisses fédérales plus de 12 milliards de francs ces sept dernières années. Ils ont estimé que l'ex-régie ne pouvait que tomber entre des mains étrangères en cas de privatisation. Les régions périphériques vont en faire les frais, a déclaré Franziska Teuscher (Verts/BE).Une non-entrée en matière empêche une véritable discussion de fond et la recherche d'autres solutions, ont vainement répliqué les partisans de la privatisation. L'exemple de la débâcle de Swissair, où la participation de l'Etat était pourtant minoritaire, a été répété à l'envi. "Swisscom est aujourd'hui comme un oiseau prisonnier", a dit Fulvio Pelli (PRD/TI), brandissant une cage à la tribune.Le plénum a aussi tacitement refusé une initiative de Pierre Vanek (SolidaritéS/GE) demandant une renationalisation de l'entreprise. Le Conseil des Etats se prononcera sur la privatisation en juin.S'il entre en matière, un second refus du National sonnerait le glas du projet. Et si la privatisation passait finalement la rampe, le référendum serait lancé, a averti Christian Levrat (PS/FR). /ATS
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