Procès du "Moderne" à Lausanne: l'accusée est acquittée

LAUSANNE - L'amie du tueur du cinéma "Moderne" n'ira pas en prison. Le Tribunal correctionnel de Lausanne l'a acquittée des principales charges. Il l'a jugée ni manipulatrice ni consciente de la gravité des intentions meurtrières de son compagnon.D'une très longue liste de chefs d'accusation, il ne reste en définitive presque rien à l'issue d'un procès que les avocats de l'accusée ont qualifié "d'absurde" même s'il a permis aux uns et aux autres de s'exprimer. Le président du Tribunal, Michel Carrard, n'a pour ainsi dire rien retenu de l'ordonnance de renvoi.Le Tribunal a écarté successivement l'instigation à assassinat, l'instigation à meurtre, l'homicide par négligence, l'instigation à lésions corporelles graves. Il n'a pas admis non plus l'incitation et l'assistance au suicide ou l'instigation à mise en danger de la vie d'autrui.La seule peine infligée à la jeune femme se résume à cinq jours de prison avec sursis pendant deux ans pour six pilules d'ecstasy. Les griefs sur ses manques dans l'éducation de son fils sont également tombés à l'eau, le Tribunal estimant qu'il s'agissait davantage d'un "dérapage momentané" que de mauvaises intentions.Agée de 26 ans aujourd'hui, la jeune Espagnole a accompagné le 19 février 2002 son compagnon devant le cinéma porno de Lausanne puis est repartie chercher leur fils à la garderie. Pendant ce temps, l'homme, âgé de 25 ans, a ouvert le feu avec son fusil et tué une personne, blessé deux autres puis s'est suicidé.En lisant le jugement, le président du Tribunal a certes souligné certains défauts de la jeune femme, mais a somme toute dressé d'elle un portrait plutôt positif, de "son caractère trempé" et de sa volonté souvent démontrée d'aider son compagnon.Michel Carrard a en revanche mis en exergue les difficultés et les profonds troubles psychiques du tueur. Il a rappelé le rapport accablant rédigé par des psychiatres qui ont eu l'occasion de l'examiner. L'homme souffrait de la découverte de ses pulsions homosexuelles et voulait se venger en détruisant les lieux utilisés pour la prostitution masculine.Retraçant la journée fatale, le Tribunal a insisté sur le rôle modérateur de la jeune femme et son incapacité à concevoir le drame en cours. Il a exclu que l'Espagnole soit restée aux abords du cinéma jusqu'au début de la fusillade. /ATS
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