Révision de l'AI: le bras de fer entre gauche et droite a commencé

BERNE - Les critiques de la gauche n'y feront sans doute rien. Dans la 5e révision de l'AI, le Conseil national entend se concentrer sur les mesures visant à réduire le nombre de rentes. Le camp bourgeois a annoncé d'emblée la couleur.La discussion est loin d'être terminée. La 5e révision de l'assurance invalidité devrait occuper la Chambre du peuple jusqu'à mercredi. Le but de la réforme est de réduire le nombre de nouvelles rentes de 20% au moins, quand bien même cette part a déjà reculé de 18% au cours des deux dernières années.Tous les orateurs ont reconnu la nécessité d'opérer des corrections pour assurer la pérennité de l'AI, même si les esprits divergent sur les remèdes à appliquer. L'assurance a accumulé un endettement frôlant 8 milliards de francs. "La situation est grave, le trou augmente de 4,7 millions par jour", a averti le rapporteur de la commission Reto Wehrli (PDC/SZ).Le National a décidé de se concentrer uniquement sur les mesures visant à comprimer le nombre de rentes et à favoriser la réinsertion professionnelle. L'examen du volet consacré au financement de l'AI a été remis à plus tard. Ainsi, la hausse des cotisations salariales de 1,4 à 1,5% et celle de la TVA de 0,8 point prônées par le Conseil fédéral restent en suspens.Tout dépendra de l'issue du scrutin sur l'initiative populaire COSA de la gauche concernant la répartition des bénéfices de la BNS, a expliqué le rapporteur Yves Guisan (PRD/VD). En cas de refus de ce texte, les 7 milliards de la part fédérale à l'or excédentaire de la Banque nationale iront au fonds de compensation AVS/AI.Le camp rose-vert a contesté la voie choisie par la majorité. Stéphane Rossini (PS/VS) a ainsi accusé la droite de choisir la "stratégie du pire", qui consiste, selon lui, à laisser aller à vau l'eau les finances de l'AI pour ensuite démanteler les prestations.La gauche a également dénoncé la différence de traitement entre assurés, qui ont l'obligation de collaborer, et employeurs. Il faut prévoir des pressions sur les entreprises, qui sont trop peu enclines à embaucher des handicapés, a prévenu Hugo Fasel (PCS/FR) au nom des Verts.Seule l'extrême gauche a contesté le principe même du projet, un "pur démantèlement social", selon les termes de Marianne Huguenin (POP/VD). Mais même ses allusions aux menaces de référendum brandies par des associations de défense des handicapés n'ont pas eu prise. /ATS
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