Samuel Schmid, les larmes aux yeux

Samuel Schmid jette l'éponge après huit ans au Conseil fédéral. Le Bernois a pris sa décision dans la nuit de mardi à mercredi. Annonçant la nouvelle à la presse avec les larmes aux yeux et des trémolos dans la voix, il a évoqué sa santé et la pression politique.

Il y aurait de nombreuses raisons «de rester, de résister afin de continuer de s'opposer à la pression et à la diffamation». Mais «huit ans au Conseil fédéral, bientôt 62 ans et des avertissements du côté de la santé doivent aussi être pris en compte», a-t-il déclaré.

 
Fatigue de l'esprit
 
«Il faut apprendre à écouter son corps», a répété le ministre de la défense à plusieurs reprises. «Il ne faut pas forcer le destin et finir par ne plus avoir le choix». «Les derniers jours, mais aussi les derniers mois m'ont rappelé combien la santé est un bien fragile». Et d'évoquer aussi une fatigue de l'esprit.

Samuel Schmid a révélé avoir déjà eu des ennuis de circulation sanguine au début de l'été. Après un traitement ambulatoire, il a dû prendre des médicaments anticoagulants. D'où le saignement de nez qui l'a forcé à interrompre la conférence de presse pendant vingt minutes. Puis est venue s'ajouter l'opération de la vésicule biliaire qu'il a subie vendredi.

 
Pression politique
 
Tous ces événements se sont déroulés dans un climat politique délétaire - avec l'affaire Nef et ses suites mais aussi avec les manoeuvres de l'UDC. En restant au gouvernement «j'aurais été l'otage» de mes détracteurs, a commenté le Bernois.

Même s'il reste convaincu que l'armée remplit pleinement sa mission, il admet aussi que des erreurs ont été commises. «Un sans- faute n'existe nulle part. Beaucoup de choses ont été réalisées, certaines doivent encore être améliorées», a fait valoir Samuel Schmid.

 
Tranché au dernier moment
 
Depuis le début de l'année, le conseiller fédéral a flirté avec l'idée de ne pas finir la législature au gouvernement. Il a expliqué avoir demandé à ses collègues du Conseil fédéral ainsi qu'à ceux de son parti, le PBD, ce qu'il feraient à sa place. Mais la planification du départ «je l'ai faite moi-même», a-t-il souligné. La question est devenue de plus en plus sérieuse à la fin de l'été.

Le ministre de la défense a en outre dit avoir tranché après avoir pu régler plusieurs dossiers, comme celui du programme d'armement 2008 auquel le National devrait finalement donner son aval en décembre.

D'après lui, ni le rapport de la commission de gestion du National sur l'affaire Nef dont une première version devrait être publiée fin novembre, ni les rumeurs sur une éventuelle non- élection à la vice-présidence du Conseil fédéral n'ont guidé son choix.

Le moment choisi pour annoncer son départ a provoqué une certaine surprise. Avec la crise économique, les regards s'étaient quelque peu détournés des remous dans le domaine militaire. «Je voulais donner au Parlement et aux partis le temps de choisir un successeur», a expliqué Samuel Schmid. S'il avait reporté sa décision, il aurait dû rester au gouvernement jusqu'à la session de printemps.

 
Critiques à l'UDC
 
Interrogé sur l'appartenance partisane de son successeur, il a noté que les règles de la concordance rendraient normale une candidature UDC. Mais, outre les formules arithmétiques, il convient que le Parlement tienne compte de la culture politique et de la collégialité dans son choix, a-t-il commenté.

Ce qui est important, c'est que le Conseil fédéral fonctionne, selon lui. «Il faut être prêt à écouter». S'il s'est dit convaincu que des UDC seraient capables de travailler de cette manière, il n'a pas ménagé les critiques à l'encontre de son ex-parti.

Certains préfèrent les calculs tactiques au bien commun, a-t-il déclaré. «Pour garder mon indépendance, j'ai été diffamé et exclu du groupe parlementaire». Et de citer, parmi les valeurs helvétiques, l'absence de chantage, la liberté de pensée, le respect font partie de nos valeurs.

Il a également répété son attachement au système de concordance, le plus approprié à ses yeux pour un pays comme la Suisse. Il a appelé une nouvelle fois au respect des opinions divergentes et a réitéré sa conviction que «la polarisation n'appartient pas à notre culture politique.» /ats

 

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