Un livre inédit pour les 80 ans d'Alexandre Voisard

Alexandre VoisardSon « Ode au pays qui ne veut pas mourir » résonne encore dans beaucoup d’esprits jurassiens. Le poète Alexandre Voisard fête ses 80 ans. De nombreuses expositions vont s’ouvrir dès vendredi et jusqu’en novembre dans le Jura et à Moutier. Mais Genève et Lausanne marqueront aussi l’événement.

Un livre retraçant la correspondance entre Alexandre Voisard et Maurice Chappaz de 1967 à 1972 vient par ailleurs de paraître. La critique de Lise Bailat.

 
L’ouvrage est touchant, et historiquement marquant. Il restait à découvrir d’Alexandre Voisard ces lettres. Un livre de fêtes du peuple, de voyages, de combat, d’histoire, mais surtout d’amitié profonde. La correspondance commence en fait en 1950. Alexandre Voisard a vingt ans, il est en stage linguistique à Lenzbourg et se fend alors de cette première lettre à l’écrivain valaisan modèle, celui qu’il appelle L’Homme de Cœur, Maurice Chappaz :

« Je viens vers vous à pas de loups, homme de cœur, en marchant sur la mousse, avec des escarpins en matière solaire, un peu de vent rose dans les orbites, et des galets de magicien dans les poches. » Alexandre Voisard demande alors à Maurice Chappaz de lui dédicacer l’un de ses livres. Suivent deux missives. Puis plus rien jusqu’en 1967, où l’amitié renaît. Alexandre Voisard prépare l’édition et la diffusion de Liberté à l’aube. Maurice Chappaz savoure et commente : « Votre livre est un acte et un cri, mais avec l’intérieur de l’âme. »

L’Ajoulot déteste reprendre son texte, qui, lorsqu’il est couché sur le papier a en général pris sa forme définitive. Mais il consent à l’affiner sous la houlette de son ami valaisan. La correspondance s’insinue sous la plume, dans l’âme de l’écrivain. Ainsi Voisard confesse en 1967 :

« Je pense que vous avez saisi le fond obscur de ma poésie qui est, sinon une source pure, du moins une nostalgie, une poursuite inlassable d’une certaine innocence égarée – et nécessaire à la survie. » Maurice Chappaz, de son côté , se fait l’un des meilleurs ambassadeurs du canton-projet. Il écrit ceci dans la Gazette de Lausanne en 1967 : « Je reviens du pays de l’amitié et de la poésie. Dans toute la Suisse romande, je note là la pulsation, la vibration la plus sensible. »

Impossible de clore cette correspondance, sans rappeler les célèbres vers qui, pour certains, furent scandés à la 3e Journée des Jurassiens de l’extérieur à Moudon en 1967 :

Mon pays de détresse et de révolte
Mon pays de souffrance et de lueur
Mon pays voué aux serments, aux paroles brûlantes
Mon pays traversé du sang des éclairs
Rouge d’impatience, blanc de Courroux
 
 
Alexandre Voisard, grand écrivain et poète jurassien, est ainsi à découvrir et à redécouvrir par tous les moyens possibles cet automne. /lba
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