Stan, animateur à RJB et batteur à ses heures perdues, a profité de sa Carte blanche ce mardi pour livrer un morceau de vie… et un coup de blues technologique. Son week-end ? Trois jours enfermés en studio, à « chevaucher les plaines fribourgeoises » pour enregistrer trois nouveaux titres avec son groupe de post-rock, Killbody Tuning. Un travail long, exigeant, presque artisanal : « Ça paraît facile dit comme ça, mais en fait c’est presque un an de travail qui se concrétise. »
Pendant que le producteur réécoute les prises, Stan scrolle. Et tombe sur l’info qui secoue sa fierté de musicien : « Le numéro 1 du top cette semaine aux USA… entièrement généré par IA. » Le groupe s’appelle Breaking Rust – ou plutôt existe sans exister – et leur hit Walk my walk truste la première place du Billboard Country Digital Sales. « L’artiste n’existe pas, tout est généré par ordinateur, même la pochette », s’étonne Stan.
Stan : « Pendant que nous pleurions des larmes de sang pour enregistrer péniblement une vingtaine de minutes de musique… ça fout le vertige de voir qu’on se fait doubler par un cowboy virtuel ».
Et le vertige ne s’arrête pas là. Un article du Temps, basé sur une étude de Deezer, le montre : « Distinguer le vrai du faux n’est déjà plus possible. » Sur un panel de 9’000 personnes, 97% ont été incapables de dire si les morceaux entendus étaient humains ou générés par IA. « Les progrès ultrarapides de logiciels comme Suno permettent de créer de la musique plus vraie que nature », note Stan, un brin fataliste, évoquant des voix « terriblement humaines ». /ddc




