Carte blanche : face à l’horreur, choisir l’humanité

Le journaliste Olivier Zahno revient sur le drame de Crans-Montana et questionne le traitement médiatique et sociétal de l’événement.

Une journée de deuil national est prévue le 9 janvier après l’incendie meurtrier du Nouvel An à Crans-Montana. Photo : Keystone/EPA/Cyril Zingaro Une journée de deuil national est prévue le 9 janvier après l’incendie meurtrier du Nouvel An à Crans-Montana. Photo : Keystone/EPA/Cyril Zingaro

Cinq jours après le drame, l’émotion reste vive. Dans La Matinale ce mardi, Olivier Zahno, rédacteur en chef à RJB, revient sur une tragédie qui a profondément marqué la Suisse et bien au-delà. Il évoque d’abord l’indicible : la mort de jeunes victimes, la souffrance des survivants, l’angoisse des familles, mais aussi le traumatisme des soignants et des pompiers. « Oui, c’est un cauchemar, on aimerait se réveiller et se dire que tout ça n’a pas pu être possible », confie-t-il, rappelant que cette horreur s’est produite tout près de chez nous.

Olivier Zahno s’en prend ensuite avec fermeté aux jugements hâtifs et aux procès menés sur les réseaux sociaux. Derrière les écrans, dit-il, beaucoup s’improvisent experts, juges ou procureurs, allant jusqu’à accabler des parents et des jeunes déjà brisés. « Lancer la pierre aujourd’hui à ces gamins, pour moi, c’est immoral. C’est inhumain », martèle-t-il, en faisant écho à sa propre adolescence et à cette insouciance partagée par tant de jeunes.

Le journaliste dénonce aussi certaines dérives médiatiques, cette « culture du choc » et du sensationnalisme qui piétine la dignité des victimes. Informer reste indispensable, rappelle-t-il, mais « avec pudeur, avec pondération et respect ».

Enfin, il part sur une réflexion plus globale sur notre société : la violence des commentaires en ligne, la curiosité malsaine, mais aussi cette manie de tout filmer, même les drames. Un malaise profond, accentué par l’émotion des derniers jours.

Malgré tout, Olivier Zahno choisit de conclure sur une note de lumière. Dans l’horreur, il y a aussi eu du courage, de l’entraide, des gestes héroïques. Et surtout, un choix qui reste entre nos mains : celui « du respect et de l’humilité ». /ddc


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