Anthony Montandon, journaliste à RJB, vient de terminer ses obligations militaires après douze ans de service. Ce mardi dans La Matinale, il partage son regard nuancé sur cette expérience typiquement helvétique, entre frustrations organisationnelles et précieuses leçons de vie collective.
« Est libéré des obligations militaires avec remerciement pour les services rendus ». Signé : La Direction de la sécurité du canton de Berne. C’est le « stämpf » qui a été apposé dans le livret de service de notre collègue Anthony Montandon, il y a un mois environ maintenant. Une occasion toute trouvée pour revenir sur l’expérience du service militaire.
"L'Armée a cet avantage de vous apprendre à penser en 'nous' et plus en 'je', sous peine de péjorer le collectif. Et je trouve que faire prendre conscience à chacun de cette perspective, c'est d'autant plus important dans une société où on érige toujours plus l'individualisme en véritable guide spirituel.", détaille-t-il. Ni plaidoyer pro-armée, ni réquisitoire contre l'institution militaire, la réflexion d'Anthony Montandon se veut équilibrée, pointant du doigt plusieurs dysfonctionnements : des tâches parfois dénuées de sens, aux problèmes d'organisation chronique, en passant par des discriminations persistantes envers certains militaires.
Mais la désormais ex-recrue souligne aussi les aspects positifs de cette expérience en treillis. L'obligation de sortir de sa zone de confort, la nécessité de collaborer avec des personnes d'horizons différents ou encore l'apprentissage du lâcher-prise face aux situations qu'on ne peut contrôler. Cette maxime militaire « ce n'est pas un problème de mon échelon » est d'ailleurs devenue pour notre collègue un principe de vie qui l'aide aujourd’hui à identifier les situations sur lesquelles il peut réellement agir. Une leçon qui transcende largement le cadre militaire. /rme




