L’impact du Covid se fait encore sentir, aussi bien sur le système de santé que sur l’économie. Le point avec le ministre bernois de la santé Pierre Alain Schnegg.
Le 29 février 2020, le premier cas de Covid-19 était détecté dans le canton de Berne. Cinq ans plus tard, la pandémie reste un épisode marquant de l’histoire récente, laissant des traces profondes sur le système de santé et l'économie. Pierre Alain Schnegg, ministre bernois de la santé, était en première ligne durant cette crise. Dans La matinale ce vendredi, il revenait sur cette période exceptionnelle.
Un premier cas attendu
« On attendait ce premier cas, on savait qu’il allait arriver. Cela marquait le top départ de la crise », confie Pierre Alain Schnegg. Si la présence du virus en Suisse était redoutée, l’ampleur qu’allait prendre la pandémie restait incertaine.
Durant cette période, les responsables de la santé ont été en première ligne, affrontant une pression constante et de nombreuses critiques. « C'était une période difficile et très intense où l’on finit par laisser un peu de substance, c’est indéniable. Mais lorsque l’on est nommé à un poste politique, on est soumis à la critique. Ce n’est pas ça qui doit nous arrêter », assure-t-il.
Une gestion saluée et des mesures rapides
Si la gestion de la crise a été saluée dans le canton de Berne, c’est en grande partie grâce à une forte cohésion au sein des autorités et à des décisions réactives. « Je pense qu’on a eu une excellente collaboration au sein du gouvernement. C’est très important en situation de crise. Nous avons pris un certain nombre de mesures très rapidement », rappelle Pierre Alain Schnegg.
Des conséquences toujours visibles sur la santé et l'économie
Si la phase aiguë de la crise est derrière nous, ses conséquences se font encore sentir aujourd’hui. Le système de santé bernois porte toujours les stigmates de la pandémie, et l'économie locale a été fortement impactée.
Le canton de Berne avait accordé plus de 1,5 milliard de francs en prêts Covid aux entreprises, mais à peine 60 % de ces crédits ont été entièrement remboursés. Certaines entreprises en difficulté demandent aux autorités d’effacer tout ou partie de ces dettes, une mesure que l’habitant de Champoz estime peu juste vis-à-vis des sociétés qui ont remboursé leur prêt. Un étalement de ces remboursements est en revanche envisagé.
Le canton est-il prêt pour une nouvelle crise ?
La question de la préparation à une éventuelle future crise sanitaire est essentielle. Pierre Alain Schnegg affirme : « Le canton serait prêt à affronter une nouvelle crise. Celle-ci sera de toute façon différente de celle que nous avons vécue. »
Des enseignements ont également été tirés : « Nous avons besoin d’un certain nombre de processus bien définis. Il faut beaucoup de flexibilité. Enfin, les différents acteurs doivent bien se connaître. Nous avions mis en place un système de collaboration des parties prenantes du système de santé, qui existe encore aujourd’hui. »
Malgré cela, la gestion du Covid reste un sujet de débat au sein de la population. Certains estiment que les autorités ont bien géré la situation, d’autres expriment encore des doutes.
Si le Covid n’est plus au centre des préoccupations, son impact demeure présent, et les réflexions sur la résilience du système de santé bernois continuent. /ddc




