Les primes maladie augmenteront de 5,4% en moyenne dans le canton de Berne en 2027. Le conseiller d'Etat Pierre Alain Schnegg évoque les raisons de cette progression et les pistes pour l’endiguer.
Une fois de plus, les Suisses paieront leur assurance maladie encore plus cher l’année prochaine. En 2027, les primes augmenteront de 5% en moyenne nationale. Pour le canton de Berne, cette hausse s’élève à 5,4%.
Les primes maladie sont directement liées aux coûts des prestations, estime Pierre Alain Schnegg dans La Matinal RJB ce mercredi. Parmi les facteurs d’augmentation, le ministre bernois de la Santé cite notamment l’augmentation de la consommation de soins et l’arrivée de traitements qui permettent de soigner des patients qui ne pouvaient pas l’être auparavant. Ceux-ci sont très coûteux, « mais personne ne veut pas s'abstenir de ces traitements », relève-t-il.
Pour ralentir la progression des coûts, Pierre Alain Schnegg défend depuis plusieurs années les soins intégrés. Le projet VIVA du Réseau de l’Arc fait notamment l’objet d’un suivi par les universités de Neuchâtel et de Bâle. Selon le conseiller d’Etat, les premières analyses montrent des coûts moyens par patient inférieurs à ceux observés hors de ce modèle, de l’ordre de 10 à 12% la première année. L’analyse de la deuxième année doit encore être finalisée.
Le principe consiste à coordonner le parcours du patient et à orienter les soins vers le prestataire jugé adapté, qu’il s’agisse du médecin de famille, d’un spécialiste, de l’hôpital ou de la physiothérapie. Pierre Alain Schnegg estime que ce modèle permet de limiter « l’incitatif négatif majeur de notre système actuel », qu’il identifie comme la rémunération à l’acte et donc la quantité de prestations.
Pierre Alain Schnegg : « Il faut être honnête, une diminution des primes, personnellement, je n’y crois pas »
Le canton de Berne poursuit parallèlement la réorganisation de son offre de soins. Plusieurs sites de soins aigus ont déjà été fermés et certaines prestations ont été restructurées. « Le gros de ce travail est derrière nous », estime le ministre, qui annonce toutefois que cette réorganisation va se poursuivre.
TARDOC et EFAS comme leviers
Entré en vigueur au début de 2026, TARDOC a remplacé TARMED pour la tarification médicale ambulatoire. Pierre Alain Schnegg souligne surtout la possibilité de mettre désormais le tarif à jour chaque année. Une première actualisation est actuellement soumise au Conseil fédéral, et les travaux pour les années suivantes ont déjà commencé. « On est rentré dans un cercle d’apprentissage », affirme-t-il.
Le ministre bernois voit également dans le passage de l’hospitalier à l’ambulatoire un levier important de maîtrise des coûts. La réforme EFAS, prévue à partir de 2028, doit notamment modifier le financement des prestations ambulatoires et hospitalières. Selon les simulations, le canton de Berne devrait alors prendre en charge environ 200 millions de francs actuellement financés par les caisses maladie.
Pour autant, le ministre ne s’attend pas à une baisse des primes. « Une diminution des primes, personnellement, je n’y crois pas », affirme-t-il. L’objectif est plutôt de « mieux maîtriser l’évolution des coûts », notamment grâce aux soins intégrés et à l’ambulatoire. /ddc




