Même à distance, l’incendie qui a coûté la vie à 40 personnes à Nouvel an marque les adolescents. L’Action jeunesse régionale appelle à la vigilance et à une écoute durable.
Le drame survenu le 1er janvier à Crans-Montana a bouleversé bien au-delà du Valais. L’incendie d’un bar, qui a fait 40 morts et plus d’une centaine de blessés, a profondément choqué le pays, d’autant plus que de nombreuses victimes étaient mineures. Dans le Jura bernois aussi, les adolescents ont été exposés aux images et aux récits de la tragédie, largement relayés sur les réseaux sociaux.
Animateur responsable de l’Action jeunesse régionale (AJR), Pierre-Alain Basso constate dans La Matinale ce mercredi que les jeunes n’y sont pas restés indifférents. « Ils ont tous été concernés par le brassage médiatique autour de cet événement, mais chacun l’a vécu à sa manière », explique-t-il. Selon lui, il est essentiel de tenir compte de cette diversité de réactions et de rester en lien avec les jeunes, même lorsqu’aucune demande d’aide explicite n’est formulée.
Des images choc
Les images diffusées en ligne jouent un rôle central dans la manière dont les adolescents vivent ce drame. « Elles sont très fortes, très marquantes, et souvent visionnées de manière assez isolée », souligne Pierre-Alain Basso. D’où l’importance, selon lui, de ne pas laisser ces images s’installer sans accompagnement. « Quand on reçoit ce genre de contenus, il est important de pouvoir en parler et de ne pas les garder pour soi. »
Face à une tragédie de cette ampleur, les réactions peuvent être multiples : peur, tristesse, colère, repli sur soi. « Il y a autant de réactions qu’il y a de jeunes », rappelle le responsable de l’AJR. Certains profils peuvent toutefois se montrer plus vulnérables, notamment lorsque l’on observe « un isolement ou un changement de comportement dans la vie quotidienne ». Dans ces cas-là, parents, proches et professionnels sont appelés à être particulièrement attentifs.
Être disponible tout en laissant de l’espace
L’écoute reste, selon Pierre-Alain Basso, la première réponse à apporter. « Il faut laisser la place au jeune pour qu’il puisse s’exprimer librement sur ce qu’il ressent et sur ce qu’il comprend », explique-t-il, en rappelant que la perception d’un événement dramatique diffère souvent entre adultes et adolescents. Cette disponibilité ne doit pas être ponctuelle : « Ce n’est pas seulement maintenant qu’il faut être attentif, mais aussi sur le long terme. Ce drame va rester gravé dans beaucoup d’esprits. »
Réunie en début de semaine, l’équipe de l’Action jeunesse régionale a réfléchi aux mesures à mettre en place. Une image symbolique a d’abord été installée devant les locaux afin de montrer aux jeunes que la structure se sent elle aussi touchée par la tragédie. « Ça a ouvert une possibilité de dialogue avec les jeunes qui sont venus chez nous », relève Pierre-Alain Basso.
De nombreuses ressources en cas de besoin
Au-delà de l’écoute, l’AJR joue aussi un rôle de relais vers des aides spécialisées. « Notre mission est d’ouvrir la porte vers des professionnels formés, comme les équipes scolaires, les centres de psychologie enfantine ou les services de soutien », précise-t-il. Les jeunes et leurs parents peuvent également se tourner vers des ressources comme le 147 ou le médecin de famille.
Dans un contexte marqué par la circulation rapide d’images violentes, le message est clair : rester attentif aux signaux, laisser un espace de parole et ne pas hésiter à demander de l’aide. « Il faut être sensible à tout changement, toute modification chez un jeune », conclut Pierre-Alain Basso. /ddc




