Les dispositifs de placement d’enfants sont sous tension en Suisse. Plusieurs articles de presse évoquent ces dernières semaines des situations extrêmes, notamment dans les cantons de Vaud ou Genève, où des mineurs se retrouvent parfois hébergés temporairement dans des services pédiatriques, faute de places disponibles.
Qu’en est-il dans le Jura bernois ? « Dans le canton de Berne, la thématique du placement en milieu stationnaire est maîtrisée », affirme dans La Matinale ce mercredi Cédric Maschietto, président de l’Autorité de protection de l’enfant et de l’adulte du Jura bernois (APEA).
Une réorganisation cantonale qui porte ses fruits
Selon lui, cette relative stabilité s’explique par une réorganisation entreprise ces dernières années. « Depuis 2022, l’accompagnement et la surveillance des familles d’accueil ont été centralisés auprès de l’Office des mineurs », ajoute Cédric Maschietto. Jusqu’en 2023, chaque service social gérait ses propres familles d’accueil. Ce n’est plus le cas depuis le 1er janvier 2024. Résultat, l’offre est mieux supervisée, analysée, et il est possible d’agir si nécessaire.
Des cas de plus en plus complexes
Si le Jura bernois reste « relativement bien loti » en termes de structures, une difficulté croissante apparaît. « Les troubles du spectre autistique chez des jeunes de 12 à 14 ans, avec parfois beaucoup de violence ou d’agressivité, mettent le système à l’épreuve », précise le président de l’APEA. Certaines institutions manquent encore de ressources adaptées à ces besoins très spécifiques.
Dans ces situations, l’APEA n’hésite pas à élargir son périmètre de recherche. « On regarde toujours quelle institution est la mieux armée, y compris extra-cantonale si nécessaire ».
Démystifier le rôle de l’APEA
Cédric Maschietto insiste également sur une idée reçue. « Chaque signalement ne débouche pas sur un placement ». Actuellement, 29 enfants sont placés sur décision de l’autorité dans le Jura bernois, parmi 450 à 480 mesures de protection en vigueur. Sur environ 215 dossiers ouverts chaque année, une partie importante se clôture sans intervention.
Le placement reste « la toute dernière solution, après avoir essayé de nombreuses mesures ambulatoires », rappelle-t-il. Le travail avec les familles est central, même si parfois délicat : « C’est compliqué de mettre le miroir face aux parents pour qu’ils se rendent compte qu’ils sont une partie du problème ».
Avant d’en arriver à une rupture, l’APEA peut compter sur les services sociaux de la région. « Un curateur, un travailleur social ou une assistante sociale est systématiquement impliqué. Leur travail de fond est énorme pour éviter d’arriver au placement », ajoute le président de l’autorité. /ddc




