Le futur centre administratif bernois du Jura bernois avance à Tavannes malgré plusieurs imprévus techniques. Malgré tout, le canton assure maintenir le cap vers 2028. Entretien avec la porte-parole du projet.
Les travaux sont déjà bien engagés à la Tavannes Machines. Dix-huit mois après leur lancement, le chantier de transformation de l’ancienne usine industrielle en futur centre administratif cantonal se poursuit dans le cadre du projet « Avenir Berne romande ».
« On déconstruit l’intérieur, on a enlevé tout ce qui s’y trouvait », explique Sophie Ménard, chargée de communication du projet, dans La Matinale ce mercredi. Les anciennes cloisons et revêtements ont été retirés. En parallèle, des travaux de consolidation sont en cours. « On est en train de créer des fondations qu’il n’y avait pas, avec des pieux qui vont jusqu’à 20 mètres de profondeur », détaille-t-elle. Au total, 300 pieux doivent permettre de renforcer la structure.
Un bâtiment fragilisé par le temps
Fin 2024, le bâtiment avait dû être évacué en urgence après la découverte de problèmes de statique. Deux années d’analyses ont montré que la qualité du béton n’était pas homogène. « On ne peut pas compter sur la qualité ni la force du béton pour tenir le bâtiment ensemble », résume Sophie Ménard. Selon elle, le matériau arrive aujourd’hui au bout de ses 100 ans de vie.
Les investigations menées sur le béton ont aussi révélé la présence de chrome 6. Cette substance hautement toxique apparaît naturellement lors de la fabrication du béton ancien. Ce n’est toutefois pas le matériau en lui-même qui pose problème, mais la poussière produite lors des travaux.
« Le chantier doit se faire sous haute protection, avec de l’aération et des équipements spéciaux », précise la chargée de communication. Elle souligne toutefois que les équipes appliquaient déjà ces mesures de sécurité avant même de connaître précisément les taux de chrome 6 présents sur le site.
Près de 38 millions supplémentaires demandés
Le canton de Berne demande désormais un crédit additionnel de près de 38 millions de francs, en plus des quelque 60 millions déjà validés. Une partie importante de cette hausse s’explique par une réorientation du projet. Initialement, un centre destiné à la justice et à la police devait voir le jour à Reconvilier. Le canton a finalement renoncé à cette construction pour des raisons budgétaires et prévoit désormais d’intégrer ces services à la Tavannes Machines.
Le reste du montant demandé concerne principalement les travaux liés à l’état du bâtiment. Selon la chargée de communication, certaines informations n’ont pu être obtenues qu’après l’acquisition du site et la réalisation d’analyses approfondies du béton.
Malgré les difficultés rencontrées, le calendrier ne change pas. Le futur centre administratif, judiciaire et policier du Jura bernois reste attendu pour 2028. « Pour l’instant, rien ne laisse penser que le calendrier ne sera pas respecté », conclut Sophie Ménard. /ddc




