Un tiers de la population suisse se retrouve en situation financière compliquée en début d’année. La faute notamment aux grosses factures qui tombent toutes en même temps. Décryptage avec un expert en finances.
Nous sommes le 21 janvier, la paye n’est pas encore arrivée et le compte en banque est scruté avec appréhension. Ce sentiment porte un nom : le creux de janvier. Il décrit une détérioration de la situation financière en début d’année, après une fin d’année souvent chargée.
« D’un point de vue financier, c’est le contre-coup d’une période avec beaucoup de vie sociale, de sorties, de cadeaux, mais aussi de factures pesantes, souvent annualisées », explique dans La Matinale Melvin Plumez, conseiller en finances.
Des factures qui tombent toutes en même temps
Contrairement aux idées reçues, les cadeaux de Noël ne sont pas les principaux responsables. Ce sont surtout les factures de début d’année qui pèsent sur les budgets. « On parle des assurances, souvent annuelles ou semestrielles, des abonnements, des transports publics ou encore des taxes immobilières pour les propriétaires », détaille le conseiller.
Même le 13e salaire ne suffit pas toujours. « On a tendance à penser qu’il fera l’affaire, mais il ne comble pas tout, surtout s’il y a déjà un ou deux retards », souligne-t-il.
Anticiper pour éviter les difficultés
Pour éviter de se retrouver en difficulté en janvier, Melvin Plumez recommande un réflexe simple, mais efficace : le budget. « Il faut l’établir une bonne fois pour toutes et le revoir ponctuellement tous les deux ou trois ans », conseille-t-il.
La clé réside dans l’annualisation. « On raisonne souvent en mensuel, mais il faut aussi lisser sur l’année les dépenses plus ponctuelles et mettre de côté chaque mois pour les factures qui arriveront plus tard », précise-t-il.
Déclaration d’impôt 2025 : une nouveauté à connaître
Qui dit nouvelle année dit aussi déclaration d’impôt. Dans le canton de Berne, les contribuables reçoivent actuellement leur enveloppe. Cette année, une nouveauté concerne le pilier 3a, avec la possibilité de versements rétroactifs. Il est désormais possible de racheter des années de cotisation antérieures, avec comme première année concernée 2025. Concrètement, une personne qui n’a pas cotisé au maximum peut désormais rattraper ce montant l’année suivante.
Le montant investi dans le pilier 3a est déductible fiscalement, rappelle Melvin Plumez. À titre d’exemple, une déduction maximale de 7’258 francs peut représenter « une économie fiscale de l’ordre de 2’000 francs », estime-t-il.
Un cas particulier pour les contribuables prévôtois
Pour les habitants de Moutier, désormais jurassiens, la transition se fait en douceur. « Ils rempliront encore leur déclaration 2025 sous le régime du canton de Berne », explique le conseiller. Les tranches d’impôt, déjà envoyées, méritent toutefois une attention particulière. « Il faut vérifier les montants et demander une correction si nécessaire. » /ddc




