Le Conseil-exécutif bernois propose d'exonérer les PME réalisant moins de 700'000 francs de bénéfice de l'impôt paroissial obligatoire. Cette mesure, qui sera soumise au Grand Conseil en mars 2026, suscite des inquiétudes quant au financement des prestations sociales assurées par les paroisses dans tout le canton.
Les Églises bernoises accueillent avec prudence l’annonce du Conseil-exécutif. Ce dernier propose que les entreprises soient assujetties à l’impôt paroissial à partir d’un seuil de 700’000 francs de bénéfices. Jusqu’à 97 % des entreprises du canton de Berne seraient ainsi exonérées de cet impôt et seraient donc libres de soutenir ou non une Église ou une communauté religieuse et de choisir l’institution à laquelle elles font un don. Invitée dans La Matinale ce mercredi, Anaël Jambers, co-responsable du pôle Églises aux Églises réformées Berne-Jura-Soleure, se montre partagée. « On est très content que le Conseil-exécutif se fasse toutes ces réflexions par rapport à la continuation de ces impôts », reconnaît-elle. Mais elle ajoute immédiatement : « On est un peu critique quand même face à cette réponse, parce que ça a des conséquences directes sur nos paroisses. » La principale préoccupation concerne les prestations sociales que les paroisses fournissent grâce à ces recettes fiscales.
Ces impôts ne peuvent pas être utilisés pour des activités culturelles, mais financent des services ouverts à tous. « Souvent les paroisses soutiennent les petites associations locales ou font elles-mêmes du travail social, par exemple avec les personnes plus âgées ou les enfants », explique Anaël Jambers. L'entretien des bâtiments religieux, souvent des points touristiques importants, pourrait également être affecté. Autre source d’inquiétude, les paroisses rurales risquent d'être particulièrement touchées par cette réforme. « Les paroisses qui sont dans les zones rurales, où de toute manière le service public n'est plus si fort ou se retire de plus en plus, seraient vraiment beaucoup touchées si le Grand Conseil décidait d'aller en avant », s'inquiète encore la co-responsable. Le rapport part maintenant au Grand Conseil. Anaël Jambers promet de suivre les débats attentivement tout en se montrant ouverte à une évolution de l’impôt paroissial. /rme




