Certaines essences d’arbres, comme l’épicéa, souffrent du dérèglement climatique. Sans disparaître totalement, elles cèderont progressivement leurs places à des variétés plus résilientes.
Il suffit de se promener en forêt pour observer cet inquiétant spectacle : les hêtres et les sapins se dessèchent, tandis que les épicéas sont ravagés par le bostryche. Ces trois essences d’arbres sont parmi les plus vulnérables face au changement climatique.
Selon les derniers calculs de l’Office fédéral de l’environnement, la mortalité des arbres a augmenté de 56 % en dix ans. Environ un quart des arbres ayant poussé entre 2009 et 2022 ont péri en Suisse.
« La mortalité fait partie du fonctionnement naturel d’une forêt », nuance Miguel Gigon, responsable de la protection des forêts à la division forestière du Jura bernois à l’Office des forêts et dangers naturels, dans La Matinale ce mercredi. « Les arbres qui ne survivent pas laissent la place à de nouvelles pousses ».
Plusieurs facteurs influencent la vitalité des forêts du Jura bernois : l’altitude, l’âge du peuplement et la gestion passée des forêts. « En général, la diversité des essences favorise la résilience, même face au changement climatique. On a encore une marge de manœuvre », note le spécialiste.
Au sein des peuplements plus denses en essences vulnérables, un changement de paysage est cependant à prévoir. « Les épicéas ou les hêtres ne vont pas disparaître. Il existe une diversité génétique suffisante pour assurer leur survie, mais il y aura moins d’individus à l’avenir ».
Offensive cantonale pour la sauvegarde des forêts
Le canton de Berne a récemment lancé le programme de soutien KliWa, visant à adapter les forêts du canton au dérèglement climatique. « Il est important de diversifier les essences pour répartir les risques », explique Miguel Gigon. Dans le cadre de cette initiative, les peuplements dévastés par le bostryche seront remplacés par de jeunes pousses d’essences diverses. « Nous observons leur développement pour en tirer des enseignements en vue d’une meilleure gestion forestière », conclut le spécialiste. /ddc




