La représentation féminine reste faible dans les communes du Jura bernois, même si la tendance progresse. Avec le projet PROMO Femina, des outils concrets sont désormais disponibles pour encourager les femmes à s’engager.
Les femmes sont encore peu nombreuses dans les exécutifs et législatifs communaux, que ce soit en Suisse ou dans le Jura bernois. « On est autour des 28 % dans les exécutifs et 35 % dans les législatifs », précise dans La Matinale ce mercredi Aurélie Lesne-Gouillon, directrice de l’institution de développement régional Jura bernois.Bienne et membre du Réseau Égalité Berne francophone. « On est plus ou moins dans la moyenne suisse, on est bien positionné ».
Selon elle, les différences entre grandes et petites communes tiennent moins à leur taille qu’à leur dynamique interne : « Dans les petites communes, c’est souvent une question de proximité : on s’engage parce qu’on connaît quelqu’un. »
Des freins encore bien présents
Pour expliquer cette sous-représentation, Aurélie Lesne-Gouillon évoque plusieurs freins. « Il y a une certaine méconnaissance du fonctionnement politique, parfois une crainte face à la complexité des rôles », observe-t-elle. « Et puis, beaucoup de femmes doutent de leurs compétences. »
Mais les partis ont aussi un rôle à jouer : « Ils doivent repenser leurs approches, aller chercher des profils différents et ouvrir leurs portes. La mobilisation, c’est aussi leur responsabilité. »
Le Réseau Égalité Berne francophone, dont elle est membre, travaille justement à créer des passerelles : « Notre rôle, c’est de mettre en lien différents acteurs – communes, syndicats, institutions – et de réfléchir à la manière d’accompagner celles et ceux qui souhaitent s’engager. »
Des outils concrets pour les communes et les candidates
L’occasion également de parler du projet PROMO Femina, lancé par la Haute école spécialisée des Grisons et étendu récemment à la Suisse romande. La plateforme propose plus de 120 mesures concrètes pour encourager la relève féminine : mentorat, témoignages, formations ou encore transparence sur les indemnités des élus.
« Une des mesures importantes, c’est la visibilité », explique Aurélie Lesne-Gouillon. « C’est le côté ambassadrice ou parcours de vie, qui permet d’organiser un partage d’expériences. »
Autre axe clé : la conciliation entre engagement politique et vie privée. « Une commune, c’est à la fois un employeur et une collectivité politique », rappelle-t-elle. « Il faut reconnaître le temps investi, clarifier les attentes et parler aussi d’indemnisation. »
Enfin, la directrice de Jura bernois.Bienne plaide pour une meilleure information : « Je ne sais pas vous, mais moi, je ne signerai pas un chèque en blanc. J’aurais envie d’en savoir plus avant de me lancer. De ce point de vue-là, on est en train de réfléchir de façon très pratique et pragmatique aux formations qu’on peut mettre en avant. ». /ddc




