Dans les dossiers : une chasse aux œufs plus compliquée cette année

La filière des œufs en Suisse fait face à une situation inédite. Alors que Pâques approche, les éleveurs peinent à répondre à l’engouement des consommateurs. Le point dans la région avec un éleveur de Sorvilier.

La filière des œufs en Suisse fait face à une situation inédite. Alors que Pâques approche, les éleveurs peinent à répondre à l’engouement des consommateurs. Le point dans la région avec un éleveur de Sorvilier. L’exploitation de Luc Burkhalter à Sorvilier compte 12'000 poules pondeuses. En Suisse, ce type d’élevage est limité à maximum 18'000 individus pour respecter le bien-être animal.

Chaque année, la consommation d’œufs explose à l’approche des fêtes pascales, mais depuis deux ans, la tension sur le marché est particulièrement forte. La production nationale n’arrive pas à suivre le rythme, et les supermarchés doivent régulièrement composer avec des rayons vides. Pour Luc Burkhalter, éleveur de poules pondeuses à Sorvilier, cette demande record est une bonne nouvelle pour la filière, mais elle met aussi en lumière certaines limites du modèle suisse. « Les Suisses consomment toujours plus d’œufs, explique l’agriculteur dans La Matinale ce mercredi. Ajouter à cela les pics de consommation saisonnier, particulièrement avant Pâques, et le manque se fait sentir ».

Contrairement à d’autres pays où les exploitations comptent des centaines de milliers de poules, les élevages suisses restent de taille modeste. Celui de Luc Burkhalter compte 12'000 pondeuses, ce qui en fait un acteur important dans la région, mais loin des grands standards internationaux. Agrandir son exploitation n’est pas forcément une option simple : les normes strictes et les surfaces disponibles limitent la possibilité d’augmenter rapidement la production.

Face à cette situation, les importations deviennent une solution incontournable. Pourtant, les œufs étrangers diffèrent souvent des œufs suisses en termes de qualité et de modes de production. L’agriculture helvétique mise sur un élevage plus respectueux du bien-être animal, avec des réglementations plus strictes. Malgré cette forte demande, le prix des œufs reste stable, ce qui pose la question de la rentabilité pour les producteurs locaux.

En plus des défis économiques, une autre menace plane sur le secteur : la grippe aviaire. Une épidémie pourrait avoir des conséquences désastreuses sur les élevages, renforçant encore plus la pression sur l’offre. En attendant, Luc Burkhalter continue de veiller sur ses poules et, quand il en a l’occasion, apprécie de déguster des œufs brouillés. /ddc


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