Le groupe Insel, qui possède l’hôpital de l’Ile à Berne, a annoncé la semaine dernière la suppression de 120 postes. Avec les progrès de la médecine ambulatoire, les groupes hospitaliers sont contraints de se réinventer pour rentrer dans leurs frais. Point de situation avec le Directeur bernois de la santé
Les hôpitaux suisses ont la tête sous l’eau. Le groupe bernois Insel, qui possède l’hôpital de l’Ile à Berne, a annoncé la semaine dernière la suppression de 120 emplois pour réaliser des économies. L’organisation « H+ Les hôpitaux suisses » a quant à elle tiré la sonnette d’alarme lundi. Elle demande davantage de moyens pour couvrir les coûts des soins. Parallèlement, les coûts de la santé ne cessent d’augmenter, engendrant une pression croissante sur les assurées via l’augmentation des primes maladie depuis trois ans.
« C’est la première fois que nous sommes confrontés à une période d’inflation depuis que le système de financement des hôpitaux a été modifié », indique dans La Matinale ce mercredi Pierre Alain Schnegg pour expliquer cette problématique. « Le temps nécessaire pour que cette inflation soit intégrée dans les tarifs est relativement long ». Par ailleurs, les soins en ambulatoire prennent toujours plus d’importance, amenuisant les besoins en prestations stationnaires. « Cette évolution oblige les hôpitaux à se restructurer », ajoute le conseiller d’Etat bernois en charge de la santé.
Des Suisses gourmands en matière de soins
La douloureuse doit être annoncée ce jeudi. Les nouvelles primes maladie devraient augmenter en moyenne de 5% en Suisse. Une hausse, pour la troisième année consécutive, qui doit servir à couvrir les coûts. Mais quand les coûts seront-ils enfin couverts ? Pour y répondre, Pierre Alain Schnegg invoque la consommation croissante des soins dans notre pays. « Les coûts sont bel et bien liés aux prestations attendues de la part de la population. Force est de constater que l’on propose encore de nombreuses prestations inutiles ».
Pour endiguer la hausse des prix, le Directeur bernois de la santé prône un changement de modèle. « Pourquoi faire des soins en stationnaire pour 10'000 francs lorsque l’on peut les faire pour 2'000 francs en ambulatoire ? L’émergence de nouveaux modèles permettra d’utiliser nos ressources de manière plus efficiente ».
Une réforme du financement soumise à votation
Les citoyens suisses voteront le 24 novembre sur la réforme du financement uniforme des prestations. Cette modification veut que le financement de toutes les prestations soit réparti entre les cantons et les assureurs. Aujourd’hui, les soins stationnaires sont financés à 55% par le canton et 45% par les caisses maladie. Les soins ambulatoires sont uniquement financés par les assureurs. « Ce sont de faux incitatifs. Les supprimer permettra de transférer les prestations stationnaires vers l’ambulatoire », soutient Pierre Alain Schnegg. A cela s’ajoute l’introduction d’un nouveau tarif pour les prestations ambulatoires. « Le tarif actuel n’est plus en ligne avec la médecine d’aujourd’hui. Certaines prestations sont surpayées et d’autres sous-payées », conclut-il. Le nouveau modèle – aussi appelé Tardoc – doit évoluer chaque année avec des versions qui tiendront compte des données des médecins et des hôpitaux. /ddc




