En Boîte : Cave des Gourmets

Après un accident de hockey et un licenciement économique, Yann Jauss a repris la Cave des Gourmets et réinvente sa vie professionnelle en fauteuil.

Accident, reconversion, licenciement : Yann Jauss a su surmonter les épreuves. Accident, reconversion, licenciement : Yann Jauss a su surmonter les épreuves.

Rien ne le prédestinait à s’occuper d’un commerce de vin, mais le parcours de Yann Jauss l’a amené à reprendre la Cave à vin des Gourmets, située dans les anciens Abattoirs de la cité seelandaise. Le Biennois avait pourtant suivi une formation dans la technique. Il travaillait comme monteur machine dans une entreprise automobile à Sutz.

C’est un évènement le 9 octobre 2007, lorsqu’il avait 29 ans, qui a radicalement changé la trajectoire de sa vie : un accident de hockey sur glace, une charge lors du premier match de la saison, le rend paraplégique. «Sur le moment, on ne s'en rend pas vraiment compte, enfin, un petit peu quand même. Il y a un fauteuil à apprivoiser, des gestes de tous les jours à assimiler, des relations à réapprendre, un nouveau métier, une nouvelle façon de vivre au jour le jour», explique Yann Jauss.

Car du jour au lendemain, le Biennois perd complètement la fonction de ses jambes. «En étant monteur, quand on travaille sur des machines, le fauteuil devient vite un obstacle. Il y a donc une reconversion nécessaire. J'ai eu la chance d'avoir un employeur incroyable, qui m'a permis de rester au sein de l'entreprise», raconte-t-il. Il suit alors une nouvelle formation et passe de l'atelier au bureau.

Tour d’horizon du parcours atypique de Yann Jauss

Une nouvelle «crise» le mène au domaine du vin

En 2019, la crise automobile lui fait perdre son travail. Environ deux semaines plus tard, il se rend à la Cave des Gourmets, qui appartient à des amis, pour une dégustation. «Lors de la soirée, la propriétaire m'a demandé innocemment si je ne connaissais pas quelqu'un qui serait intéressé à reprendre l'affaire. Moi-même client de la cave depuis de longues années, cela s'est fait tout naturellement», sourit-il.

Reste que travailler dans le domaine du vin en chaise roulante demande quelques aménagements. Tous les caveaux, tous les domaines et tous les vignerons n'ont pas des accès faciles. Parfois, cela demande un peu d’adaptation. «Ici, on est par exemple dans une cave qui est forcément un peu en sous-sol. Il y a donc des installations à faire, des lifts, de petits trucs et astuces pour tous les jours qu'il faut organiser, mais on s'y fait vite», rassure Yann Jauss.