À Bienne, une épicerie en vrac devient coopérative et mise sur l’engagement citoyen pour survivre. Rencontre.
Acheter la juste quantité, limiter les emballages, consommer autrement : le vrac compte toujours plus d’adeptes. Chez Jetzt! à Bienne, c’est même le cœur du projet. « C’est vraiment de pouvoir diminuer les déchets plastiques ou les déchets tout court », explique Anaïs Muller, responsable communication et membre du comité de l’épicerie. « Et surtout décider quelle quantité on veut et acheter vraiment ce dont on a besoin ».
Dans les rayons, on trouve ainsi des produits du quotidien en vrac, comme des farines, des céréales, du chocolat et même de la lessive.
Visite des lieux avec Anaïs Muller
La grande nouveauté, c’est la transformation de l’épicerie en coopérative, avec la reprise de la gestion du magasin par Nicole Zribi au début du mois d’avril. Une évolution présentée comme une manière de faire vivre cette initiative collectivement. « C’est pour que le projet soit porté par plusieurs épaules », résume Anaïs Muller. Concrètement, chaque membre achète une part sociale et s’engage à donner de son temps : environ trois heures toutes les quatre semaines. Un modèle qui permet de réduire les coûts et qui repose sur le bénévolat. « Ça nous permet d’avoir un engagement des personnes à qui appartient l’épicerie », poursuit-elle.
S’engager pour des valeurs communes
Parmi les 50 coopérateurs et coopératrices, Aurélie Perez a choisi d’apporter son soutien dans la communication. Arrivée récemment à Bienne, elle connaissait déjà le concept du vrac à l’étranger. « C’est assez difficile de pousser une porte quand on ne fait pas encore partie de la communauté, j’ai eu moi-même ces barrières au début », confie-t-elle. « Et je me suis dit que ce serait bien de pouvoir amener d’autres personnes, pas seulement celles qui sont déjà sensibilisées ». Pour elle, l’enjeu est aussi de rendre le projet plus visible et accessible : « Si on a un super projet mais qu’on n’est pas capable de le communiquer, on n’aura jamais personne. »
Au-delà de l’investissement financier, les coopérateurs ont aussi leur mot à dire. « On a des devoirs, mais aussi des droits, on a une voix dans les décisions », souligne Aurélie Perez, qui souhaite notamment ajouter des pistaches non salées et non toastées à l’assortiment de produits.
Entre idéal et réalité économique
Reste une question centrale : celle du prix. Dans un contexte de pouvoir d’achat sous pression, le vrac peut-il rivaliser avec la grande distribution ? La réponse est nuancée. « On ne peut pas être entièrement compétitif avec les grandes surfaces », reconnaît Anaïs Muller. L’ambition est ailleurs : « Remettre de la valeur dans les produits et montrer qu’on peut consommer différemment », résume-t-elle. Enfin, selon ses responsables, Jetzt! ne se présente pas uniquement comme un lieu d’achat, mais aussi comme un espace d’échange. /ddc




