Dire de l’Hôtel de l’Ours (Hotel Bären, dans la langue de Goethe) de Douanne qu’il a traversé le temps serait un euphémisme. En réalité, il existe même certainement très peu d’entreprises en Suisse qui sont aussi anciennes que lui. Et pour cause : les premières mentions de cette vénérable institution remontent à l’année… 1526.
Cette année, cela fait donc 500 ans que l’Hôtel de l’Ours accueille les voyageurs dans le village du bord du lac de Bienne. Une longévité rare, marquée par de nombreuses histoires comme on peut le constater sur la page Instagram de l’établissement. On y apprend, par exemple, que l’emplacement qu’occupe actuellement l’entreprise n’est pas celui d’origine ; en réalité, et notamment en raison de la construction de la route pour relier Bienne, elle a changé trois fois de lieu (mais en restant toujours fidèle à Douanne).
Depuis 102 ans exactement, c’est la famille de Marc Aeschlimann qui a repris les rênes. L’actuel directeur et gérant, en poste depuis 2015, représente, lui, la quatrième génération de cette dynastie hôtelière. Aujourd’hui, il est à la tête d’un établissement qui comprend une vingtaine de chambres et qui emploie, en haute saison, 21 travailleurs à plein temps ainsi que « cinq à six extras », comme il l’explique.
Un demi-millénaire après la création de l’Hôtel de l’Ours, les défis ne manquent en tout cas pas. Le directeur cite notamment le personnel, les circonstances économiques ou encore les embûches administratives parmi les préoccupations actuelles. Au-delà de ces enjeux, Marc Aeschlimann évoque l’attachement de sa famille à l’établissement et son avenir.
Marc Aeschlimann : « Quand on le fait avec le cœur, ça peut continuer et rendre fier »
Une anecdote… qui ne manque pas d’ironie
En 500 ans d’existence, de nombreuses histoires se sont écrites entre les murs de l’Hôtel de l’Ours et Marc Aeschlimann en connaît un certain nombre. Comme le jour où son grand-père a cuisiné une viande pour le moins particulière : « Après la crise en Hongrie dans les années 1950-1960, des Hongrois ont donné deux ours en cadeau à Berne. Mais l’un des deux a eu de l’arthrose, donc il a dû être euthanasié », débute le patron. La suite : l’animal a été cuisiné dans l’établissement de Douanne puis servi en partie sur place et en partie dans la capitale. « La maison a senti cette préparation pendant deux jours ! », relate Marc Aeschlimann qui compare le fumet du plantigrade au gibier.
Et l’histoire ne s’arrête d’ailleurs pas là puisque par la suite, l’actuel tenancier s’est vu adresser une demande similaire par une personne issue de l’association d’aide en Hongrie. Mais cuisiner de l’ours au 21e siècle s’est avéré plus compliqué : « Après une longue enquête, on a trouvé de la viande au Canada. Mais ce n’était finalement pas réalisable, à cause du prix », note Marc Aeschlimann. /amo




