En Boîte : l’art de brouiller les frontières entre réalité et simulation

Depuis quatre ans, Nexus Reality propose des jeux vidéo en réalité virtuelle à Bienne. Une offre de divertissement qui nécessite des investissements conséquents et quelques paris sur l’avenir.

Le centre biennois compte 17 postes de jeu répartis sur 170 mètres carrés. Le centre biennois compte 17 postes de jeu répartis sur 170 mètres carrés.

Après avoir retiré le casque, il faut parfois plusieurs minutes pour se réancrer dans son environnement. Le vrai, cette fois-ci. C’est tout le pouvoir de la réalité virtuelle : jouer aux jeux vidéo en immersion totale, avec un casque VR, des écouteurs et des manettes, dans un espace délimité.

À Bienne, Nexus Reality propose une trentaine de scénarios, du plus facile au plus difficile, du plus apaisant au plus terrifiant. « Depuis le mois de mars, nous avons une salle aménagée spécialement pour les enfants. Ça commence à vraiment bien prendre », se réjouit Amadeo Calvani, l’un des co-gérants du centre.

Il a fallu deux ans à l’équipe pour mettre au point toutes ces offres, ainsi qu’un investissement de départ conséquent. « Ce sont surtout les logiciels qui coûtent cher », explique Amadeo Calvani. Le développement des jeux représente lui aussi un budget important. Pour certaines expériences, l’addition peut atteindre plusieurs millions de francs. Une facture que Nexus Reality ne paie toutefois pas seul. « Nous partageons ces frais au sein de notre réseau international, qui compte environ 300 centres de réalité virtuelle ».

Notre reportage chez Nexus Reality

Suivre constamment l’évolution technologique

Nexus Reality mise aussi sur du matériel à la pointe de la technologie, avec notamment des casques ultra-légers également utilisés dans des simulateurs de vol. Un équipement qui permet au centre biennois de collaborer avec les développeurs. « Ils aiment tester leurs jeux chez nous, pour voir s’ils fonctionnent bien », raconte Amadeo Calvani. Une manière, aussi, d'obtenir certaines expériences en exclusivité.

Avec quelque 5'000 visiteurs par année, le centre biennois n’est évidemment pas à l’abri de la casse. Une bonne partie du matériel peut être réparée sur place. Mais le renouvellement reste inévitable. « Il faut tout de même remplacer le parc technologique tous les trois ou quatre ans », reconnaît le patron des lieux.

En attendant, les nouveautés font régulièrement leur apparition. La prochaine : un gilet sensoriel équipé de centaines de micromoteurs, de vibreurs et de générateurs à ultrasons, pour renforcer encore les sensations et se rapprocher un peu plus de la réalité. Âmes sensibles, s’abstenir. /ddc