Pour certains, les marionnettes sont des jouets. Pour Frédérique Santal, elles sont un univers. L’artiste de Bévilard crée ses premiers personnages en 1975. « Ça me rajeunit », plaisante-t-elle dans La Matinale ce lundi.
Si le terme marionnette s’est imposé, il ne lui convient qu’à moitié. « Mes marionnettes, justement, elles ne bougent pas », relève-t-elle. Ses créations sont immobiles, malgré les fils et la croix qui permettraient de les animer. « Ce sont plus des chimères que des marionnettes. »
Chaque nouveau personnage commence par la tête. « C’est là que je vais mettre l’émotion, mon état d’esprit. » Un morceau de terre, façonné selon le ressenti du moment.
Elle travaille sans directives précises. « Je dois vraiment prendre les choses comme elles viennent », explique-t-elle. Si le résultat ne lui convient pas, Frédérique Santal tranche : « Je suis assez amie avec ma poubelle », sourit-elle.
Entre être et paraître
Ses figures explorent « la dualité entre l’être et le paraître ». Simplicité des tissus ou richesse des ornements, tout doit être accordé, du maquillage à la posture. « Je fais par rapport à ce que, pour moi, est bien. Ça s’arrête là. »
Dans les expositions, la réaction est immédiate. « D’abord, c’est la stupéfaction. » Puis viennent les sourires. « Mission accomplie. Mon but c’est d’apporter du rêve. »
Pour l’instant, les créations de Frédérique Santal sont dans des cartons. Des expositions se préparent, mais rien d’immédiat. « Je laisse venir les choses », précise-t-elle. Après plus de cinquante ans de création, ses chimères continuent de prendre forme au gré des émotions. /ddc




