Un journaliste valaisan revient sur la sidération, les choix éditoriaux et les défis du traitement médiatique de l’incendie survenu le 1er janvier 2026, qui a ôté la vie à 40 personnes.
L’annonce tombe en pleine nuit du Nouvel An. À la radio valaisanne Rhône FM, la rédaction apprend l’incendie d’une discothèque de Crans-Montana peu après 3 heures du matin. « Il y a d’abord eu un moment de sidération face à l’ampleur de la catastrophe », raconte Didier Morard, journaliste.
Envoyé sur place dès l’aube, le journaliste décrit une atmosphère irréelle. « Un silence assourdissant, le calme après la tempête », résume-t-il. À Crans-Montana, les secours sont déjà repartis, les victimes évacuées. « On peine encore à réaliser l’ampleur de la catastrophe », confie-t-il.
Didier Morard, journaliste : « On aurait dit un mauvais cauchemar »
Face aux nombreuses rumeurs, la prudence s’impose. « Il fallait éviter les conclusions hâtives », souligne Didier Morard, évoquant les images non vérifiées et même générées par intelligence artificielle qui circulaient sur les réseaux sociaux. La priorité : « Des informations confirmées et vérifiées. »
Deux cultures médiatiques
Le journaliste observe aussi une différence nette entre médias suisses et étrangers. « En Suisse, il y a davantage de retenue, presque de pudeur », explique-t-il, contrastant avec « l’agressivité » de certains médias internationaux dans la recherche de témoignages.
Avec le recul, Didier Morard retient surtout la difficulté à décrocher. « On est plongé dans le drame en permanence », dit-il. Une expérience qui rappelle, selon lui, l’essence du métier : « Vérifier, prendre le temps et faire preuve de retenue, surtout face à une tragédie de cette ampleur. » /ddc




