On l’a lu dans la presse : mieux nommer les féminicides pour mieux les compter et les prévenir

Le Grand Conseil a décidé mercredi d’ouvrir une catégorie spécifique pour les féminicides dans les statistiques de la criminalité. Une évolution saluée par les partisans du texte, qui y voient un outil essentiel pour les statistiques et la prévention.

La motion est passée avec 171 oui contre 30 non, tous issus des rangs de l'UDC. (Source: Keystone/Christian Beutler) La motion est passée avec 171 oui contre 30 non, tous issus des rangs de l'UDC. (Source: Keystone/Christian Beutler)

Mercredi, le Grand Conseil a largement accepté une motion visant à recenser séparément les féminicides dans les statistiques cantonales. Jusqu’ici, ces homicides sont intégrés dans des catégories juridiques générales, sans distinction permettant d’en mesurer précisément l’ampleur. Pour Donna Gallagher, journaliste au Journal du Jura, qui publie cette semaine un article sur le sujet, cette absence de données rend le phénomène difficile à analyser et contribue à son invisibilisation. Au-delà de l’enjeu statistique, le débat touche aussi au langage utilisé pour qualifier ces crimes. Des expressions comme « crime passionnel » ou « drame familial » sont de plus en plus contestées, car elles tendent à atténuer la violence des faits ou à diluer la responsabilité de l’auteur. Si la mesure a été largement soutenue, une partie de l’UDC a toutefois émis des réserves, notamment sur la question autour de la nationalité des auteurs. Pour ses partisans, cette nouvelle catégorisation doit avant tout permettre de mieux comprendre le phénomène afin de renforcer les politiques de prévention. /rme

Donna Gallagher : « Il n’existe aucune statistique officielle sur les féminicides et sans données, il n’y a pas d’analyse possible de l’évolution du phénomène. »


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