À Bienne, un procès pour abus sexuels a relancé cette semaine la question de l’accès à la justice pour les parties civiles francophones. Dans le Journal du Jura, Donna Gallagher revient sur une situation où des parents de victime n’ont pas pu suivre l’ensemble des débats faute de traduction complète.
Dans un procès tenu cette semaine en allemand devant le tribunal régional Jura bernois-Seeland, des parents de victime francophones n’ont pu suivre qu’une partie des débats. En cause : l’absence de traduction complète, refusée par la justice. « Ils avaient pourtant besoin de comprendre chaque mot prononcé au tribunal. », explique Donna Gallagher dans son article publié cette semaine dans le Journal du Jura. La règle, elle, est claire : la langue du prévenu prime, afin de garantir ses droits à la défense. Bien que ville officiellement bilingue, à Bienne, cela signifie concrètement que l’allemand s’impose lorsque l’accusé est germanophone. Les autorités ont estimé qu’une traduction n’était donc pas indispensable, l’avocat pouvant transmettre les informations essentielles à ses clients. « D’autant qu’il n’existe pas de droit fondamental à une traduction. », ajoute la journaliste. Pour les parents, cette situation a été difficile à vivre, entre frustration, angoisse et incompréhension du système judiciaire. Une interprétation partielle a tout de même été mise en place lors de certaines auditions, mais les plaidoiries et le jugement ont, eux, été prononcés en allemand. « Ils n’ont pas pu comprendre la majorité des échanges. », résume Donna Gallagher. Un cas qui relance la réflexion sur l’accès à la justice et la place de la traduction dans les tribunaux. /rme




