« Pas de Suisse à 10 millions » : notre débat

À l’approche de la votation du 14 juin sur l’initiative UDC, les positions se confrontent. Entre maîtrise de la croissance démographique et besoins de l’économie, le débat reste ouvert.

Malgré les divergences, Corentin Jeanneret (à g.) et Maël Schnegg (à d.) s’accordent sur un point : la Suisse a besoin de l’immigration. L’UDC prône toutefois une immigration mieux contrôlée. Malgré les divergences, Corentin Jeanneret (à g.) et Maël Schnegg (à d.) s’accordent sur un point : la Suisse a besoin de l’immigration. L’UDC prône toutefois une immigration mieux contrôlée.

La Suisse approche-t-elle d’un point de rupture démographique ? C’est la question au centre de l’initiative UDC « Pas de Suisse à 10 millions », soumise au vote le 14 juin. Invités dans La Matinale ce mercredi, Maël Schnegg, membre de l’UDC Jura bernois, favorable au texte, et Corentin Jeanneret, maire de St-Imier et député PLR au Grand Conseil bernois, opposé à l’initiative, ont confronté leurs visions.

Pour Maël Schnegg, le texte ne vise pas à stopper la croissance de la population, mais à mieux la maîtriser. « On veut s’assurer que la croissance se fasse d’une manière qu’on arrive à contrôler », explique-t-il. Le représentant UDC souligne que certaines régions rurales, comme le Jura bernois, ne vivent pas les mêmes réalités que les grands centres urbains, tout en estimant qu’une réponse nationale reste nécessaire.

En face, Corentin Jeanneret reconnaît que la croissance démographique constitue « un réel sujet », mais juge la solution proposée inadaptée. « Le problème identifié, il est correct. Mais les solutions ne sont peut-être pas celles qu’il faudrait », estime-t-il.

Immigration et besoins économiques

Autre thème central : le rôle de l’immigration dans le fonctionnement de l’économie suisse. Interrogé sur les besoins des hôpitaux, EMS ou entreprises techniques qui recrutent déjà à l’étranger, Maël Schnegg a rappelé que l’initiative ne vise pas une suppression de l’immigration. « L’économie suisse a besoin d’immigration », souligne-t-il. Selon lui, le texte veut maintenir « la main-d’œuvre étrangère nécessaire », tout en limitant une croissance démographique qu’il juge trop fortement liée à l’augmentation du nombre de consommateurs.

Corentin Jeanneret relève de son côté que certaines branches dépendent déjà largement de travailleurs venus de l’étranger, notamment dans une région proche de la frontière comme le Jura bernois. « On a besoin de cette main-d’œuvre étrangère », insiste-t-il. Le maire de St-Imier estime également que certains postes ne trouvent pas toujours preneur en Suisse et que les entreprises doivent parfois recruter au-delà des frontières pour répondre à leurs besoins.

Les deux camps se rejoignent ainsi sur un point : l’immigration reste un élément important du marché du travail suisse. Le débat porte avant tout sur son ampleur et sa gestion à long terme. Le peuple tranchera dans les urnes le 14 juin. /ddc


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