Ne jamais juger un livre à sa couverture… surtout quand elle est rose bonbon. La preuve avec Le Dico des filles, édition 2009. Un ouvrage truffé d’injonctions sexistes et misogynes, à destination des adolescentes en pleine découverte d’elles-mêmes.
Celles qui ont grandi au début des années 2000 l’avaient presque toutes sur leur table de chevet. « Le Dico des filles » – édition 2009 pour ma part – c’était un peu la grande sœur qu’on n’avait pas, une bible aux pages roses pour aborder les sujets tabous : poils, sexualité, harcèlement, religion… Rien n’était laissé de côté, tout semblait abordé avec douceur et bienveillance. Du moins, en apparence. Diana Da Costa, journaliste à RJB, pousse un coup de gueule contre ce guide de bonne conduite à l’usage des filles bien élevées.
Derrière les illustrations bonbon et le ton faussement complice, se cache une vision bien normée, bien rangée, bien rétrograde de ce que doit être une fille « bien ». De A à Z, les définitions interpellent – voire choquent. A la page « Agressivité », on peut lire qu’une fille doit soigner son apparence, car elle peut « agresser les autres par une tenue provocante ou un maquillage outrancier ».
Sous « Avortement », on apprend qu’il est question de « mettre fin à une vie », rien que ça. Les « Kilos » sont présentés comme une fatalité hormonale… mais rassurons-nous, « les garçons adorent ça ». Et pour celles qui ont la « chance » d’avoir une forte poitrine ? « Pudeur et discrétion » sont de rigueur, évidemment. On ne va quand même pas risquer de distraire ces messieurs.
Voilà ce avec quoi moi – et tant d’autres – avons grandi. Entre les BD et les livres de coloriage, ce guide sucré aux relents sexistes, misogynes et homophobes trônait en librairie. Comme quoi, le diable ne porte pas toujours de cornes. Parfois, il a des paillettes sur la couverture… et une place dans le rayon jeunesse. /ddc




