Lui raconter ses problèmes, chercher du réconfort ou finir par développer une forme d’affection pour elle : l’intelligence artificielle prend parfois une place étonnamment intime dans nos vies. TA-SWISS lance une vaste étude pour mieux comprendre la place et l’importance qu’occupent ces « compagnons IA » dans nos vies.
C’est une relation qui peut s’installer progressivement. On commence par demander à une intelligence artificielle (IA) de traduire un texte ou de préparer une liste de courses. Et puis, peu à peu, une connexion se crée et on finit par lui confier des choses beaucoup plus personnelles, voire intimes. Toujours disponible et capable d’adopter les codes de l’empathie, la machine peut alors donner l’impression d’une véritable relation, même si, bien évidemment, elle ne ressent elle-même aucune émotion. De nouveaux liens qui ne sont pas sans conséquences et qu’il faudra encore analyser et comprendre. Un sujet sur lequel travaille en ce moment Martina von Arx. La docteure en sociologie, collaboratrice scientifique auprès de TA-SWISS, la Fondation pour l’évaluation des choix technologiques, est notamment responsable d’un projet d’étude consacré justement à ces compagnons IA. Invitée dans La Matinale ce mercredi, la sociologue explique notamment que ces nouvelles relations pourraient par exemple servir d’entraînement avant un entretien d’embauche ou faciliter certains échanges. En revanche, l’absence de contradiction pourrait aussi nous maintenir dans notre zone de confort et compliquer à terme nos interactions avec les autres humains. Pour récolter des données sur le sujet, TA-SWISS suivra notamment ces prochains mois 800 personnes en Suisse romande et alémanique afin d’observer l’évolution de ces usages dans le temps. /rme




