Découverte d'un grand cimetière de l'âge du Bronze final à Denges

Une importante découverte archéologique a été faite à Denges, entre Morges et Lausanne, a annoncé ...
Découverte d'un grand cimetière de l'âge du Bronze final à Denges

Découverte d'un grand cimetière de l'âge du Bronze final à Denges

Photo: Archeodunum SA/Y. Buzzi

Une importante découverte archéologique a été faite à Denges, entre Morges et Lausanne, a annoncé mardi le canton de Vaud. Une fouille préventive en marge d'un chantier a révélé la présence d'un grand cimetière à incinération de l'âge du Bronze final (vers 950-900).

'Ces sépultures revêtent un caractère exceptionnel, par leur bon état de conservation général et leur densité', a indiqué le canton dans un communiqué. 'A l'échelle nationale, elles forment sans doute une des nécropoles les plus complètes de l'âge du Bronze final'.

La dernière découverte comparable remonte au milieu des années 1990 dans le canton du Jura. Le site funéraire de Delémont, En La Pran, fouillé à la faveur de la construction de l'autoroute A16, avait livré 35 sépultures à incinération de la même période.

Chantier pour un dépôt de bus

La découverte annoncée mardi se situe sur le site protohistorique à Denges - Les Delésulles, déniché au printemps 2019 lors de sondages archéologiques requis par l'Archéologie cantonale dans le cadre d'une étude d'impact sur l'environnement. Celle-ci était en lien avec le projet de construction d'un nouveau dépôt de bus pour l'entreprise de Transports de la région Morges-Bière-Cossonay (MBC).

Bien qu'aucun indice archéologique n'ait été connu préalablement en cette zone industrielle dite du Trési, la superficie des parcelles concernées, près de 20'000 m2, présentait un risque élevé de toucher un site non encore répertorié, explique le canton. Les terrains, occupés jusque-là par des cultures maraîchères, avaient par ailleurs été peu remaniés en profondeur, facteur de préservation de vestiges archéologiques discrets, précise-t-il.

'La démarche s'est avérée judicieuse puisqu'elle a permis la découverte de deux tombes à incinération et de plusieurs fragments de récipients en céramique, laissant ainsi présager l'existence d'un site protohistorique inédit', souligne-t-il. Or, ce site étant amené à disparaître lors de la construction du nouveau dépôt de bus, une fouille préventive a été ordonnée dans ce secteur. Elle a débuté le 14 juin dernier.

Centaine de structures archéologiques

'Jusqu'ici, elles ont permis d’explorer 8500 m2 de terrain et mis en évidence la richesse insoupçonnée du gisement. Une centaine de structures archéologiques, réparties sur une surface d'au moins 4000 m2, sont déjà recensées. Près de la moitié d'entre elles correspondent à des fosses sépulcrales renfermant les restes de défunts incinérés', détaille le canton.

Fréquemment signalées par des dalles de couverture, les sépultures consistent en petites fosses circulaires de faible profondeur, dans lesquelles les récipients peuvent être disposés côte à côte, empilés, ou encore étagés.

Les décors observés sur certains récipients suggèrent que la principale période d'activité de la nécropole se place vers la fin de l'âge du Bronze, soit entre 950 et 900 av. J.-C. Cette phase chronologique est caractérisée par une nette prédominance du rite de la crémation.

/ATS
 

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