La 74e Mostra de Venise a débuté avec Matt Damon en lilliputien

La Mostra de Venise a démarré mercredi. 'Downsizing', satire sociale croustillante en mode ...
La 74e Mostra de Venise a débuté avec Matt Damon en lilliputien

La 74e Mostra de Venise a débuté avec Matt Damon en lilliputien

Photo: Keystone

La Mostra de Venise a démarré mercredi. 'Downsizing', satire sociale croustillante en mode science-fiction, a ouvert la 74e édition du plus vieux des festivals de cinéma. La présidente du jury a estimé que 'la route est longue' pour parvenir à la parité au cinéma.

Le réalisateur américain Alexander Payne, fin observateur des faiblesses humaines, signe sans doute l'un de ses films les plus originaux. Avec 'Downsizing', fable sur la société de consommation, la recherche du bonheur et l'environnement menacé, il a donné un coup d'envoi ludique à la Mostra mercredi au cours d'une première projection ponctuée de rires.

'Payne a touché le jackpot créatif' commentait the Hollywood Reporter. Le magazine Variety évoquait pour sa part 'un film pour adultes pétillant et profond qui plaira au public'. Le directeur artistique de la Mostra, Alberto Barbera, aime répéter que faire l'ouverture de la Mostra constitue un tremplin gagnant pour des films qui ont ensuite décroché l'Oscar hollywoodien.

Extraordinaire transformation

Dans 'Downsizing', un homme ordinaire d'Omaha, Paul Safranek (Matt Damon), rêve avec sa femme Audrey (Kristen Wiig) d'une vie meilleure et d'une belle maison. Le couple va tenter une extraordinaire transformation.

Un scientifique norvégien a réussi à réduire la taille d'un rat avant de tester le processus sur lui-même. La découverte a fait des émules depuis une dizaine d'années. Seul hic, Audrey va changer d'avis à la dernière minute.

'Le film dresse le portrait d'une personne avec qui on peut totalement s'identifier', a commenté mercredi Matt Damon devant la presse à Venise. 'C'est un film optimiste, même si on évoque à la fin des idées d'apocalypse', précise Damon.

Profils variés, mais peu de femmes

Le septième film d'Alexander Payne, 56 ans, est en lice à Venise pour remporter un prestigieux Lion d'Or face à vingt concurrents aux profils variés. Au total vingt cinéastes hommes sont en compétition à Venise, contre une seule réalisatrice, la Chinoise Vivian Qu pour le film franco-chinois 'Angels wear white'.

Les Suisses sont absents de la compétition officielle. Toutefois, deux films helvétiques fêtent, hors compétition, leur première à Venise: le premier long-métrage de Katharina Wyss 'Sarah joue au loup-garou' et 'Il colore nascosto delle cose' de Silvio Soldini.

Une faible représentation féminine commentée par l'actrice américaine Annette Bening en conférence de presse. 'La route est longue, nous avons beaucoup de chemin à faire en matière de parité dans les domaines de la production, des réalisateurs, scénaristes et acteurs apparaissant dans les festivals. Mais je crois que nous allons dans une direction positive', a-t-elle estimé.

L'actrice s'est dit 'ravie' d'avoir été 'choisie comme présidente du jury', un honneur accordé uniquement à des hommes au cours des dix dernières Mostra. Il faut remonter à 2006 pour retrouver une femme à cette même place, l'actrice française Catherine Deneuve.

'Un monde d'hommes'

'Je ne crois pas que ce soit notre faute!', s'est défendu le directeur artistique du festival, Alberto Barbera, dans les colonnes du journal spécialisé Hollywood Reporter qui titrait mercredi : 'C'est toujours un monde d'hommes à Venise'.

'Je n'aime pas penser en termes de quotas quand je fais une sélection', a-t-il expliqué. 'Je suis désolé qu'il y ait très peu de films faits par des femmes cette année, mais nous ne produisons pas les films'.

Annette Bening a quant à elle confié ne pas 'avoir compté le nombre de films dirigés par des femmes sélectionnés cette année à Venise'. 'Plus les femmes feront des films qui parlent à tout le monde, plus elles seront considérées comme des réalisatrices', a estimé l'héroïne d'American Beauty. 'Il y a bien sûr beaucoup de sexisme, cela ne fait pas de doute', a-t-elle malgré tout admis.

/ATS
 

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