Patrimoine mondial: récif australien, Liverpool, dossiers sensibles

Quarante-quatre sites briguent leur inscription sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco ...
Patrimoine mondial: récif australien, Liverpool, dossiers sensibles

Patrimoine mondial: récif australien, Liverpool, dossiers sensibles

Photo: KEYSTONE/AP Environmental Investigation Agen

Quarante-quatre sites briguent leur inscription sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco, dont le comité se réunit en ligne en juillet pour examiner les dossiers de 2021 et ceux de 2020, laissés en suspens pour cause de Covid.

Mais la réunion du 16 au 31 juillet, présidée depuis Fuzhou (Chine) par le vice-ministre chinois de l'Éducation Tian Xuejun, doit aussi se prononcer sur une dizaine de dossiers sensibles: retraits de la liste ou inscription sur la liste des biens en péril, préconisés par le Centre du patrimoine et les organismes consultatifs de l'Unesco.

RETRAITS DE LA LISTE

La mesure, rarissime, pourrait toucher Liverpool, au Royaume-Uni, et Selous, une réserve en Tanzanie. Seuls deux sites ont déjà fait l'objet d'un tel retrait: le sanctuaire de l'oryx arabe à Oman en 2007 et la vallée de l'Elbe à Dresde (Allemagne) en 2009.

LIVERPOOL (Royaume-Uni)

Liverpool, qui avait intégré la liste du patrimoine mondial en 2004 pour son caractère emblématique de l'ère industrielle, figure déjà depuis 2012 sur la liste du patrimoine en péril en raison de projets d'aménagements et d'urbanisme.

Malgré de nombreuses recommandations et alertes, 'le bien s'est détérioré jusqu'à perdre les caractéristiques qui avaient déterminé son inscription sur la Liste du patrimoine mondial... et les mesures correctives nécessaires n'ont pas été prises', note le rapport.

SELOUS (Tanzanie)

Les experts considèrent que la 'valeur universelle exceptionnelle' de la réserve de Selous, inscrite depuis 2014 sur la Liste du patrimoine en danger, est endommagée de manière irréversible et l'intégrité du site définitivement compromise.

Cela après des années de braconnage massif, de déforestation et de construction (barrage/centrale électrique en plein milieu de la réserve; routes..), entraînant perte de végétation, de biodiversité et d'animaux sauvages, notamment des éléphants.

BIENS EN PERIL

GRANDE BARRIERE DE CORAIL (Australie)

Depuis 30 ans sur la liste du Patrimoine mondial, la grande barrière de corail de l'Australie est affectée par le changement climatique - 'sa plus grave menace' -, la pollution des eaux, les activités humaines. Depuis son inscription, elle s'est fortement détériorée, victime notamment de blanchiment massif de ses coraux en 2016 et 2017.

En dépit de mesures fortes, les perspectives à long terme pour l'écosystème se sont encore détériorées et le péril est prouvé, pour les experts de l'Unesco qui préconisent de la classer 'en danger' après un 'examen minutieux' de documents scientifiques fournis notamment par le gouvernement australien, a précisé Mechtild Rössler.

BUDAPEST (Hongrie)

Reconstruction à grande échelle, tours, démolitions, conservation insuffisante de maisons... Malgré des efforts législatifs et réglementaires en matière d'aménagement et de développement urbains, des menaces continuent de peser sur la 'valeur universelle exceptionnelle' qui a valu à la capitale hongroise, avec les rives du Danube, le quartier du château de Buda et l'avenue Andrássy, son inscription sur la Liste du patrimoine mondial en 1987.

Les organismes consultatifs, notant que les travaux se sont poursuivis dans le quartier du château de Buda malgré de précédentes demandes du Comité du patrimoine mondial en 2019, préconisent l'inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

VENISE (Italie)

Menacée par le changement climatique, de grands projets d'infrastructures, l'impact du tourisme, la navigation, Venise, inscrite au Patrimoine mondial de l'Unesco en 1987 et sous la loupe de leurs experts depuis des années, pourrait être ajoutée à la liste des sites en danger.

La ville italienne s'est dotée d'une stratégie de gestion touristique, néanmoins 'entravée par la législation nationale'. L'interdiction aux navires de plus de 40'000 tonneaux de jauge brut d'entrer dans sa lagune 'n'a eu aucun effet concret' et les interventions humaines continuent d'avoir des conséquences négatives sur la lagune.

Ces facteurs, et d'autres, justifient pour les organismes consultatifs l'inscription du bien sur la liste du patrimoine mondial en danger.

VALLÉE DE KATMANDOU (Népal)

Inscrite en 1979 au Patrimoine mondial de l'Unesco, la Vallée de Katmandou qui avait figuré sur la liste du patrimoine mondial en péril entre 2003 et 2007, pourrait y retourner face à un 'développement urbain incontrôlé' et la perte d'un habitat traditionnel, la construction d'une route en forêt, d'un tunnel routier dans une zone de monuments, et aux séquelles qui perdurent du tremblement de terre de 2015... en dépit 'd'efforts substantiels' du gouvernement népalais.

COMPLEXE WAP (Niger/Burkina/Bénin)

Il s'agit de trois parcs naturels, le W, Arly et la Pendjari à cheval sur trois pays: le Niger, le Burkina, le Bénin, une zone considérée à haut risque terroriste djihadiste et déconseillée au voyage par la plupart des chancelleries occidentales.

'Le principal défi demeure la dégradation de la situation sécuritaire dans la région avec la possibilité que les terroristes trouvent refuge dans le bien', notent les organismes consultatifs.

OHRID (Albanie/Macédoine du Nord)

Tant du côté de l'Albanie que de la Macédoine du nord, le développement économique et démographique ont au fil des ans 'érodé l'authenticité et l'intégrité' du patrimoine naturel et culturel de la région d'Ohrid, inscrite depuis 1979, malgré des avancées depuis six ans pour suivre des recommandations de l'Unesco. Les experts jugent désormais indispensable un plan d'action.

VOLCANS DU KAMTCHATKA (Russie)

Déjà soumis à différentes pressions (pêche illégale, extraction d'or, infrastructures...), le bien est aujourd'hui exposé à un projet de complexe touristique et de parc à thème, avec modifications mineures de ses limites.

Ce 'Parc des trois volcans' touristique comprend un terminal de bateaux de croisière qui serait partiellement construit à l'intérieur du parc naturel du Sud-Kamtchatka.

La modification proposée des limites entraînerait la suppression de la protection juridique d'un élément du bien, qui fait partie intégrante de sa valeur universelle exceptionnelle. Par conséquent, une telle suppression constitue en soi un cas d'inscription du bien sur la Liste du patrimoine mondial en péril.

/ATS
 

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