Un oui à No Billag aurait des conséquences pour le film suisse

Des films comme 'Ma vie de courgette' donnent un visage au cinéma suisse, et cela aussi à l'étranger ...
Un oui à No Billag aurait des conséquences pour le film suisse

Un oui à No Billag aurait des conséquences pour le film suisse

Photo: KEYSTONE/OLIVIER MAIRE

Des films comme 'Ma vie de courgette' donnent un visage au cinéma suisse, et cela aussi à l'étranger. La SSR soutient de telles productions à hauteur de millions. En cas de 'oui' à l'initiative 'No Billag', le film suisse perdrait l'un de ses plus grands promoteurs.

En tant que média public, la SSR a, entre autres, le devoir de contribuer 'au développement et au renforcement des valeurs culturelles du pays', comme le veut son mandat. L'entreprise accorde une attention particulière aux films, à la littérature et à la musique suisses.

Non seulement la SSR raconte l'actualité culturelle. Elle en fait également la promotion. Son budget - dont une partie du montant annuel de la redevance de 1,3 milliard de francs - lui permet de tourner ses propres films et séries, de subventionner des productions indépendantes et de soutenir financièrement six festivals de films suisses.

Tout cela est inscrit dans le 'Pacte de l'audiovisuel', un accord que la SSR a conclu en 1996 avec la branche. Chaque année, 27,5 millions de francs sont investis dans des films et 12,5 millions dans des séries comme 'Quartier des banques' ou 'Le croque-mort'. Globalement, quelque 40 millions partent dans le cinéma suisse.

En comparaison, le budget annuel de la section cinéma de l'Office fédéral de la culture (OFC) s'élevait en 2016 à 55 millions de francs, dont 18 millions prévus pour les productions cinématographiques. Ainsi, une grosse production comme 'L'enfant d'en haut' ou 'Heidi' coûte jusqu'à 5,5 millions de francs. 'Heidi' a reçu 420'000 francs de la SSR.

La diversité en danger

Pour Felix Gutzwiller, qui préside la Société des Journées de Soleure depuis cette année, 'No Billag' menace la diversité de la production cinématographique suisse. Son acceptation aurait des conséquences graves, même au-delà de la branche. 'Si les films étaient produits uniquement selon des critères de rentabilité, cela mettrait en difficulté les minorités linguistiques'.

Le marché du cinéma suisse est morcelé: les Romands veulent généralement voir d'autres films que les Tessinois ou les Alémaniques. Mais, sans financement, pas la peine de tourner des films pour ces petits marchés; le potentiel de spectateurs est tout simplement trop faible.

Début janvier, plus de 5000 artistes helvétiques de tous horizons se sont mobilisés pour défendre la SSR. 'Sans la SSR pas de 'Coeur figé', de 'Voyage vers l'espoir', ni d'Oscar pour la Suisse', avait relevé le metteur en scène Xavier Koller. Il est le seul metteur en scène à avoir obtenu cette disctinction, pour 'Voyage vers l'espoir' (1991).

'Notre cinéma perdrait son principal canal de diffusion auprès du public, ce qui est plus précieux que l'argent', affirmait aussi le cinéaste vaudois Frédéric Gonseth. Les artistes de la scène musicale ont également appelé, au nom de la solidarité, à voter non à l'initiative, avec le hashtag #clap4culture ('applaudis pour la culture').

Financement suffisant

Les aides fédérales et cantonales pour la création de films sont suffisantes, selon le comité 'No Billag'. De plus, les formats propres à la SSR, comme 'Quartier des banques' ne peuvent pas être désignées comme service public. On peut donc y renoncer, explique son porte-parole Andreas Kleeb à l'ats.

Pour le président du comité de campagne romand 'No Billag' Nicolas Jutzet, le texte des initiants ne représente aucunement une menace pour la culture, avait-il dit à l'ats en début d'année. 'Sans redevance, la SSR et les médias régionaux pourront continuer à soutenir les artistes et à leur donner une plate-forme, mais avec des financements privés'.

/ATS
 

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