Violences et mobilisation contre la constituante vénézuélienne

Dix morts, barricades, gaz lacrymogènes: le Venezuela a connu dimanche une nouvelle vague de ...
Violences et mobilisation contre la constituante vénézuélienne

Violences et mobilisation contre la constituante vénézuélienne

Photo: Keystone

Dix morts, barricades, gaz lacrymogènes: le Venezuela a connu dimanche une nouvelle vague de violences, qui a entaché l'élection d'une assemblée constituante voulue par le président Nicolás Maduro. L'opposition a d'ores et déjà appelé à de nouvelles marches dès lundi.

Opposants et forces de l'ordre se sont affrontés à Caracas et dans d'autres villes du pays, à coups de balles en caoutchouc, bombes de gaz lacrymogènes contre jets de pierre et cocktails Molotov, lors de batailles rangées parfois meurtrières.

Dès dimanche soir, les adversaires du régime ont appelé à manifester à nouveau lundi et mercredi, jour de la mise en place de cette assemblée, qui selon eux ne va servir qu'à renforcer les pouvoirs du chef de l'Etat et à le maintenir en place.

'Nous ne reconnaissons pas ce processus frauduleux. Pour nous, il est nul. Il n'existe pas', a déclaré le leader de l'opposition Henrique Capriles. Il a encore dénoncé un 'massacre' et une 'fraude'.

Plus de 120 morts

Entre samedi et dimanche, quatre personnes, dont deux adolescents et un militaire, sont mortes dans l'Etat du Tachira, trois hommes dans celui de Merida, un dans celui de Lara, un autre dans celui de Zulia et un dirigeant étudiant dans l'État de Sucre, selon un bilan officiel. Ces nouvelles violences portent à plus de 120 morts le bilan de quatre mois de mobilisation pour réclamer le départ de M. Maduro.

Les militaires sont intervenus avec des véhicules blindés et des gaz lacrymogènes à Caracas, à Maracaibo (ouest) et à Puerto Ordaz (sud-est), pourchassant les manifestants qui bloquaient les rues avec des barricades.

'Je ne sais pas d'où vient leur haine, des Vénézuéliens contre des Vénézuéliens... C'est une guerre!', a déploré Conchita Ramirez, une habitante de la capitale. Sept policiers ont été blessés par un engin explosif dans l'est de Caracas.

L'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, a averti que le Venezuela avait fait un 'pas vers la dictature'. Washington, qui a infligé des sanctions financières à 13 anciens et actuels responsables gouvernementaux vénézuéliens, a menacé d'en prendre de nouvelles.

Outre les Etats-Unis, la Colombie, le Panamá, le Pérou, l'Argentine et le Costa Rica ont annoncé qu'ils ne reconnaîtraient pas la constituante. La Suisse a elle, appelé le gouvernement vénézuélien à ne pas procéder à l’élection et à respecter la séparation des pouvoirs.

Maduro 'n'existe pas'

Un incident technique a marqué le vote du président. Sa 'carte de la patrie', qui permet de voter et de bénéficier des programmes sociaux, n'a pas été reconnue par le système électronique: 'La personne n'existe pas ou sa carte a été annulée'.

Les bureaux de vote étaient surveillés par les militaires pour ce scrutin visant à désigner les 545 élus, chargés de rédiger une nouvelle constitution pour remplacer celle promulguée en 1999 par le défunt président Hugo Chavez, et de gérer le pays pour une durée indéterminée.

Le taux de participation a atteint 41,53% des électeurs, a assuré la commission électorale. Pour l'analyste Benigno Alarcon, le gouvernement devait chercher à éviter une forte abstention.

Mais, grâce au mode de scrutin, combinant vote territorial et par secteurs socio-professionnels, 62% des 19,8 millions d'électeurs pouvaient se prononcer deux fois, ce qui soulève des interrogations sur la validité du résultat, relève l'analyste Eugenio Martinez.

Machines électorales détruites

La présidente du conseil national électoral (CNE) a assuré qu''il n'y a eu que quelques points chauds' dans certains lieux. Les électeurs ont afflué, motivant le report de la clôture du vote à 19h00 (01h00 lundi en Suisse), a-t-elle ajouté.

Le ministre de la défense, le général Vladimir Padrino Lopez, a ajouté que plus d'une centaine de machines électorales ont été détruites dans des actes de violence motivés par des 'facteurs politiques'.

L'opposition a refusé de participer au scrutin, arguant que l'assemblée n'a pas été convoquée par référendum et qu'elle va instaurer une dictature communiste.

Ce vote s'est déroulé alors que le pays est au bord de l'effondrement économique.

/ATS
 

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