Laurent Wauquiez élu à la tête du parti Les Républicains

Laurent Wauquiez a mené à bien la première phase de sa feuille de route en se faisant élire ...
Laurent Wauquiez élu à la tête du parti Les Républicains

Laurent Wauquiez a mené à bien la première phase de sa feuille de route en se faisant élire dimanche à la présidence des Républicains (LR), avec 74,64 %. Il aborde désormais une étape peut-être plus ardue, celle consistant à élargir son audience.

Chef de file de l'aile droite de LR, le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes s'est imposé dès le premier tour face à deux rivaux nettement moins connus que lui, l'ex-porte-parole de François Fillon Florence Portelli (16,11%) et le 'juppéiste' Maël de Calan (9,25%). Son score lui assure une élection confortable.

Avec 99'597 votants (98'543 exprimés), la participation dépasse les pronostics des dirigeants du parti et de l'équipe de Laurent Wauquiez lui-même. Ceux-ci tablaient sur 50'000 adhérents.

Mandat de cinq ans

Le nouveau président de LR a désormais un mandat de cinq ans pour donner une nouvelle impulsion à un parti durement affecté par les défaites de 2017. Il doit rassurer les modérés qui n'ont pas encore fait défection et s'adresser à un électorat plus large que sa seule base militante.

'Un électeur sur cinq a voté François Fillon en 2017, ça reste la masse incompressible des votants Républicains. Pour aller au-delà, il faut avoir un projet qui suscite de l'allant', estime Erwan Lestrohan, directeur d'études à l'institut BVA.

'Dans un contexte qui s'est un peu déporté vers la droite, sa ligne n'est pas rédhibitoire', ajoute-t-il. 'Maintenant il va devoir montrer qu'il n'est pas que le représentant d'une frange dure mais d'un courant de synthèse.'

Pour Geoffroy Didier, directeur de campagne de Laurent Wauquiez, ce dernier espère réitérer l'opération réalisée par Nicolas Sarkozy durant sa marche vers l'Elysée, au milieu des années 2000. 'Le pari de Laurent Wauquiez, c'est d'être solide sur son socle avant de rassembler', disait-il avant le premier tour.

'Lignes rouges'

A LR, ses détracteurs le soupçonnent de vouloir réduire la formation à sa seule sensibilité sarkozyste, sans égards pour les plus centristes. Ils l'accusent de vouloir brouiller la frontière avec l'extrême droite. Une partie d'entre eux ont déjà trouvé refuge ailleurs, soit au sein de La République en marche (LREM) d'Emmanuel Macron, soit dans un parti fraîchement créé, Agir.

Alain Juppé et Valérie Pécresse ont chacun tracé des lignes rouges, concernant en particulier la relation avec le Front national. Maël de Calan visait pour sa part 10% à 20% des voix dimanche pour faire entendre la voix du courant libéral et européen, une barre sous laquelle il a échoué.

'Le plus dur commence', juge Jean-Daniel Lévy, directeur du département Opinion d'Harris Interactive. Car, ajoute-t-il, 'sa cote de confiance n'est pas très importante chez les Français, voire les sympathisants républicains. Il y a donc pour lui une nécessité de créer une relation particulière avec les Français et le coeur de l'électorat républicain.'

/ATS
 

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