Sixième jour de raids sur la Ghouta orientale avant un vote à l'ONU

Des avions de combat ont bombardé vendredi l'enclave rebelle de la Ghouta orientale, dans l'est ...
Sixième jour de raids sur la Ghouta orientale avant un vote à l'ONU

Sixième jour de raids sur la Ghouta orientale avant un vote à l'ONU

Photo: KEYSTONE/EPA/MOHAMMED BADRA

Des avions de combat ont bombardé vendredi l'enclave rebelle de la Ghouta orientale, dans l'est de la Syrie, pour le sixième jour consécutif. Ces frappes interviennent alors que l'ONU doit se prononcer dans la journée sur un projet de trêve de 30 jours dans le pays.

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir ce vendredi à 11h00 (17h00 suisses) pour se prononcer sur un projet de résolution d'une trêve afin de permettre l'acheminement de l'aide humanitaire et l'évacuation des blessés et des malades.

L'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a estimé qu'il fallait un cessez-le-feu de toute urgence pour mettre un terme au bombardement 'atroce' de la Ghouta orientale ainsi qu'aux tirs de mortier aveugles sur Damas.

Evacuation des blessés

Ce cessez-le-feu doit être suivi de l'octroi d'un 'accès humanitaire immédiat et sans restrictions' à la Ghouta orientale pour faciliter l'évacuation des malades et des blessés, a-t-il poursuivi, selon un communiqué lu à Genève par une porte-parole de l'ONU.

Staffan de Mistura appelle également les trois garants du processus d'Astana - soit la Russie, la Turquie et l'Iran - à se réunir d'urgence pour remettre en place les 'zones de désescalade'. La Ghouta orientale, région de 400'000 habitants, est l'une de ces 'zones de désescalade' définies pour favoriser des trêves localisées en Syrie, mais les combats n'y ont jamais cessé.

Quelle position de la Russie ?

On ignore si la Russie, allié indéfectible du régime de Damas, soutiendra ou non ce texte. Jeudi, l'ambassadeur russe à l'ONU Vassily Nebenzia avait indiqué qu'il n'y avait 'pas d'accord' entre les membres du Conseil de sécurité pour imposer ce cessez-le-feu.

Moscou s'est déclaré prêt à soutenir une trêve de trente jours, mais en excluant les groupes armés islamistes qu'elle dit prendre pour cible dans la Ghouta orientale.

Les rebelles de la Ghouta déclarent que la présence dans le secteur d'un petit groupe de combattants de l'ex-Front al Nosra, ancienne branche syrienne d'Al Qaïda, sert constamment de prétexte au régime et à son allié russe pour assiéger et bombarder l'enclave.

Moscou et Damas affirment pour leur part que leur campagne de bombardements est nécessaire pour éliminer les rebelles qui tirent des obus de mortier sur la capitale.

Plus de 400 morts

Dans le cadre de l'un des assauts aériens les plus violents en sept ans de guerre civile, la Ghouta orientale, secteur rural densément peuplé situé à la périphérie de Damas, subit des raids incessants depuis dimanche. Cette escalade a fait plus de 400 morts sur la période, dont 150 enfants, selon le décompte établi par l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Les organisations caritatives ont déclaré que les avions avaient frappé plus d'une douzaine d'hôpitaux dans la zone, les rendant de ce fait incapables de soigner les blessés.

L'OSDH, basé en Grande-Bretagne, a précisé que des avions de chasse gouvernementaux ainsi que des unités d'artillerie avaient frappé les villes de Douma, Zamalka et d'autres aux premières heures du jour, ce vendredi. Interrogé par téléphone, un témoin résidant à Douma a dit que le bombardement subi par le ville ce matin était le plus violent depuis le début de la semaine.

Les habitants et l'opposition accusent le gouvernement syrien et ses alliés de pratiquer délibérément une politique de la terre brûlée afin de forcer les rebelles à la capitulation, d'autant que la Ghouta orientale est la dernière zone tenue par la rébellion près de Damas.

/ATS
 

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