L'humanité a consommé tout ce que la planète peut produire en un an

L'humanité a consommé jeudi l'ensemble ce que la planète peut produire en un an sans s'épuiser ...
L'humanité a consommé tout ce que la planète peut produire en un an

L'humanité a consommé tout ce que la planète peut produire en un an

Photo: KEYSTONE/AP/Luca Bruno

L'humanité a consommé jeudi l'ensemble ce que la planète peut produire en un an sans s'épuiser, ont averti les ONG Global Footprint Network et WWF. Elle va vivre le reste de l'année à crédit.

Pour le dire de façon imagée, il faudrait 1,75 Terre pour subvenir aux besoins de la population mondiale de façon durable, selon cet indicateur créé par des chercheurs au début des années 1990 et qui ne cesse de s'aggraver.

Cette date correspond à celle où « l'humanité a consommé l'ensemble de ce que les écosystèmes peuvent régénérer en une année », selon les deux ONG. « Durant les 156 jours qui restent [jusqu'à la fin de l'année, ndlr], notre consommation de ressources renouvelables va consister à grignoter le capital naturel de la planète », a précisé Laetitia Mailhes de Global Footprint Network lors d'une conférence de presse.

Ce bilan ne prend pas en compte les besoins des autres espèces vivant sur terre. « Il faut aussi laisser des espaces pour le monde sauvage », ajoute-t-elle.

Système alimentaire devenu fou

Le « dépassement » se produit quand la pression humaine dépasse les capacités de régénération des écosystèmes naturels. Il ne cesse, selon l'ONG Global Footprint Network qui suit cette mesure, de se creuser depuis 50 ans : 29 décembre en 1970, 4 novembre en 1980, 11 octobre en 1990, 23 septembre en 2000, 7 août en 2010.

En 2020, cette date avait été repoussée de trois semaines sous l'effet des confinements liés à la pandémie de Covid-19, avant de renouer avec les niveaux d'avant.

Cette empreinte écologique se calcule à partir de six catégories différentes, « les cultures, les pâturages, les espaces forestiers nécessaires pour les produits forestiers, les zones de pêche, les espaces bâtis et les espaces forestiers nécessaires pour absorber le carbone émis par la combustion d'énergies fossiles ». Il est intimement lié aux modes de consommation, en particulier dans les pays riches.

A titre d'exemple, si tous les humains vivaient comme les Suisses, le jour du dépassement serait intervenu encore plus tôt, le 13 mai 2022.

Moins de viande et de gaspillage

WWF et Global Footprint Network pointent en particulier du doigt notre système alimentaire. « Notre système alimentaire a perdu la tête avec une surconsommation des ressources naturelles, sans répondre aux besoins de lutte contre la pauvreté » d'un côté, et, de l'autre, une épidémie de surpoids et d'obésité, commente Pierre Cannet, de WWF France.

« Au total, plus de la moitié de la biocapacité de la planète (55%) est utilisée pour nourrir l'humanité », relèvent les deux ONG.

Elles plaident pour une baisse de la consommation de viande dans les pays riches. « Si nous pouvions réduire la consommation de viande de moitié, nous pourrions reculer la date du jour du dépassement de 17 jours », fait valoir Laetitia Mailhes.

« Limiter le gaspillage alimentaire permettrait de faire reculer la date de 13 jours », ajoute-t-elle, alors qu'un tiers de la nourriture est gaspillée dans le monde.

/ATS

 

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