Sénatoriale en Alabama: le candidat démocrate bat l'ex-juge Moore

Le candidat démocrate au Sénat dans l'Etat de l'Alabama, Doug Jones, a réussi l'exploit de ...
Sénatoriale en Alabama: le candidat démocrate bat l'ex-juge Moore

Sénatoriale en Alabama: le candidat démocrate bat l'ex-juge Moore

Photo: KEYSTONE/AP/JOHN BAZEMORE

Le candidat démocrate au Sénat dans l'Etat de l'Alabama, Doug Jones, a réussi l'exploit de se faire élire mardi dans ce bastion conservateur, rapportent les médias américains. Il a infligé indirectement une défaite à Donald Trump, qui avait soutenu son adversaire.

Doug Jones, un ancien procureur fédéral de 63 ans, a battu le républicain Roy Moore, un ancien magistrat ultraconservateur, dont la campagne a été minée par des accusations d'attouchements sur mineures. Sa victoire va priver le parti au pouvoir d'un précieux siège à la chambre haute du congrès des Etats-Unis.

Selon des résultats quasi complets, Doug Jones a obtenu 49,5% des voix, contre 48,8% pour Roy Moore. 'Merci l'Alabama!' a tweeté le sénateur élu, qui s'était fait connaître en faisant condamner des membres du Ku Klux Klan qui avait incendié une église noire, tuant quatre fillettes.

Le revers est très personnel pour le président des Etats-Unis, qui avait appelé ses partisans, malgré les accusations portées contre M. Moore, à la loyauté au nom de la poursuite de son programme de réformes. Jamais depuis 1992 un démocrate n'avait été élu sénateur dans cet Etat du Sud.

M. Trump avait fait fi des allégations contre Roy Moore dans le but de conserver ce siège, afin d'améliorer les chances d'adoption, à court terme, de la grande baisse d'impôts en train d'être examinée au congrès.

Deuxième échec de Trump

C'est la deuxième mauvaise soirée électorale pour le président en un mois. En novembre, les démocrates ont remporté plusieurs scrutins pour des postes de gouverneurs ou d'autres sièges locaux.

Au quartier général de Roy Moore, à Montgomery, la nouvelle n'a pas été annoncée au microphone, les partisans sur place absorbant la nouvelle en silence, dans une musique d'ambiance.

Désormais, la majorité sénatoriale sera de 51 sièges sur 100, réduisant sa marge de manoeuvre au quasi-minimum. Pour le parti républicain, la défaite de leur candidat est aussi, paradoxalement, un soulagement, car elle lui évite d'avoir à gérer le cas Moore.

Le chef du Sénat, Mitch McConnell, avait prévenu que Roy Moore, en cas d'élection, ferait immédiatement l'objet d'une enquête de la commission éthique de la chambre haute du congrès - une enquête qui aurait risqué de diviser le parti, a fortiori si la commission recommandait l'exclusion.

A l'exception notable de Donald Trump, la plupart des élus républicains avaient coupé les ponts avec Roy Moore après la publication de témoignages de femmes, afin d'éviter d'être sali par association. Ils s'étaient toutefois attiré les foudres des forces anti-establishment, emmenées par Stephen Bannon, l'ex-conseiller de la Maison-Blanche qui est en guerre ouverte contre les chefs du parti républicain.

Mobilisation démocrate

Les démocrates auraient sans doute utilisé la présence de Roy Moore au Sénat comme une arme électorale en 2018, année au cours de laquelle des élections législatives doivent renouveler la totalité de la chambre des représentants et le tiers du Sénat.

L'opposition a déjà fait valoir qu'elle avait poussé deux de ses parlementaires à la démission, après des accusations de harcèlement sexuel et de comportement déplacé, sans compter les accusations portées contre Donald Trump lui-même il y a un an.

L'élection de mardi devrait encore plus revigorer les démocrates, qui ont montré leur capacité de mobilisation, la participation de mardi ayant largement dépassé les prévisions.

Les couteaux étaient déjà sortis, à droite, notamment contre Stephen Bannon, qui a fait émerger Roy Moore au moment de la primaire, contre un candidat de l'establishment républicain.

'Je voudrais simplement remercier Steve Bannon pour nous démontrer, comment l'on peut perdre l'Etat le plus rouge (républicain) de l'union', a tweeté, sarcastique Josh Holmes, l'ancien bras droit de Mitch McConnell. David French, un auteur conservateur, avait un autre qualificatif amer pour le stratège populiste: 'un génie'.

/ATS
 

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