Attaque « terroriste » dans une prison en Normandie

La police française a interpellé mardi soir un détenu radicalisé ayant grièvement blessé deux ...
Attaque « terroriste » dans une prison en Normandie

Attaque

Photo: KEYSTONE/EPA MAXPPP/STEPHANE GEUFROI

La police française a interpellé mardi soir un détenu radicalisé ayant grièvement blessé deux surveillants mardi matin, avant de se retrancher avec sa compagne dans une prison de Normandie. La femme est décédée dans la soirée. Son compagnon est plus légèrement blessé.

L'opération a été menée par le RAID, les forces d'élite de la police nationale, à la prison ultra sécurisée d'Alençon/Condé-sur-Sarthe, où s'était retranché depuis près de dix heures l'homme de 27 ans, un détenu de droit commun considéré comme radicalisé en prison, selon une source policière. Sa compagne a également été appréhendée.

C'est le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner qui a annoncé sur Twitter l'interpellation des deux personnes. Pour la ministre de la Justice Nicole Belloubet, 'le caractère terroriste de l'attaque' perpétrée mardi matin 'ne fait aucun doute'. Le parquet antiterroriste de Paris s'est d'ailleurs saisi du dossier.

Couteau en céramique

Le détenu a attaqué vers 09h45 deux surveillants âgés d'une trentaine d'années avec un couteau en céramique. Selon le procureur de Paris Rémy Heitz, il a crié 'Allah Akbar' en se jetant sur les surveillants lors de l'agression et a dit 'vouloir venger' l'auteur de l'attentat du marché de Noël de Strasbourg le 12 décembre 2018.

'L'enquête ne fait que débuter pour établir les circonstances de cette grave aggression criminelle, trois gardes à vue sont pour le moment en cours', a ajouté le magistrat lors d'un point-presse.

Le couteau qui a servi à l'agression 'aurait pu' avoir été 'apporté par sa femme', a précisé Mme Belloubet. 'La céramique, ça ne sonne pas' aux portiques de détection et la détection d'un tel couteau serait difficile 'à moins de faire une fouille à corps de la personne. On n'a pas le droit de fouiller les personnes extérieures comme ça', a souligné Philippe Devique du syndicat Ufap.

La vie des deux surveillants, âgés d'une trentaine d'années, n'est 'pas en danger', selon Nicole Belloubet. Le plus grièvement blessé, 'éventré' selon le délégué FO, a subi une intervention chirurgicale. L'autre surveillant a été touché à la mâchoire, au visage et dans le dos, selon cette source.

Projet de mariage

Selon Pauline Brion, l'ancienne avocate du détenu, il a rencontré sa compagne 'en prison et ils projetaient de se marier'. 'Il avait écrit à quelqu'un après sa conversion pour qu'on lui trouve une épouse', a-elle indiqué à l'AFP.

Converti à l'islam en 2010, l'homme a été condamné en appel fin 2015 à 30 ans de réclusion criminelle pour enlèvement, séquestration suivie de mort et vol avec arme, puis à un an d'emprisonnement pour apologie publique d'acte de terrorisme. Il avait été reconnu coupable, avec un complice, d'avoir séquestré, 'momifié' et finalement étouffé un homme de 89 ans chez lui.

Octogénaire asphyxié

Les deux hommes s'étaient rendus le 17 avril 2012 au domicile de l'octogénaire à Montigny-lès-Metz (nord-est) pour le cambrioler. Le vieil homme avait été ligotté et bâillonné, son visage emballé dans des bandes médicales, tandis que les voleurs procédaient à la fouille de son appartement. Il était mort asphyxié.

En novembre 2015, le détenu a été condamné à un an de prison ferme pour avoir demandé à ses codétenus de 'rejouer' l'attaque de la salle de concert du Bataclan à Paris (où 90 personnes ont été tuées le 13 novembre 2015 lors d'une attaque terroriste) dans la cour de la maison d'arrêt.

Selon le syndicat Force ouvrière (FO), il n'était pas détenu dans le quartier pour radicalisés ouvert en septembre. Le centre de Condé-sur-Sarthe, 'l'un des deux établissements français les plus sécuritaires', accueille 110 détenus pour 195 places, selon Mme Belloubet.

/ATS
 

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