Avec le changement climatique, la souris mute et remonte au nord

La morphologie de la souris se modifie sous l'effet du changement climatique, selon une étude ...
Avec le changement climatique, la souris mute et remonte au nord

Avec le changement climatique, la souris mute et remonte au nord

Photo: KEYSTONE/AP/ROBERT F. BUKATY

La morphologie de la souris se modifie sous l'effet du changement climatique, selon une étude de l'université McGill rendue publique lundi. Certaines espèces remontent plus au nord, au rythme de onze kilomètres par an.

'Les hivers plus doux sont à l'origine de modifications morphologiques survenues au cours des cinquante dernières années chez deux espèces de souris du sud du Québec, exemple typique des conséquences du changement climatique sur les petits mammifères', écrit dans cette étude la biologiste Virginie Millien.

La recherche a porté pendant dix ans sur deux espèces communes à l'est de l'Amérique du Nord, la souris sylvestre et la souris à pattes blanches. Avec des hivers moins rigoureux en moyenne, la souris à pattes blanches a migré plus au nord 'au rythme d'environ 11 kilomètres par an', selon l'étude de McGill.

Il y a près d'un demi-siècle, neuf souris sur dix capturées sur une réserve propriété de McGill au mont Saint-Hilaire à 40 km à l'est de Montréal étaient des souris sylvestres. Cette proportion est maintenant à l'avantage des souris à pattes blanches avec leur remontée vers le nord.

Crâne plus allongé

'Selon la théorie de l'évolution, des changements morphologiques étaient susceptibles de se produire sous l'effet du changement climatique, mais nous disposions jusqu'à maintenant de très peu de données probantes témoignant de ce phénomène chez les mammifères', souligne Virginie Millien.

En comparant les données sur 10 ans et des spécimens conservés depuis les années 1950, l'équipe de chercheurs a constaté que 'la morphologie du crâne des deux espèces de souris a évolué au fil du temps'.

Les changements observés sont semblables chez les deux espèces, mais plus prononcés chez la souris à pattes blanches, et la morphologie du crâne est maintenant plus distincte entre les deux espèces, avec un crâne légèrement plus allongé.

L'étude montre aussi un recul des molaires sur la mâchoire qui 'pourrait être attribuable à des modifications dans les habitudes alimentaires causées par le réchauffement climatique ainsi que par la concurrence à laquelle se livrent les deux espèces de souris pour se nourrir'.

Ces transformations physiques 'sont considérables', insiste Virginie Millien, car 'nous parlons ici d'os et de dents, des structures solides difficilement malléables'.

/ATS
 

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