Crimée : neuf mineurs parmi les 20 morts de la tuerie dans un lycée

Des blessés criblés de 'billes métalliques' et neuf mineurs tués : les autorités russes ont ...
Crimée : neuf mineurs parmi les 20 morts de la tuerie dans un lycée

La vengeance serait le motif de la tuerie dans un lycée en Crimée

Photo: KEYSTONE/EPA/STRINGER

L'auteur de la tuerie qui a fait 20 morts dans un lycée de Crimée voulait se venger d'élèves qui l'humiliaient. Il 'ne voulait plus vivre', a affirmé son ex-petite amie, citée jeudi par la chaîne de télévision russe RT.

'Il racontait ne plus faire confiance aux gens depuis que des personnes dans sa classe avaient commencé à l'humilier parce qu'il n'était pas comme les autres', a expliqué cette adolescente de 15 ans à RT, sous couvert de l'anonymat. Pour cette raison, Vladislav (le prénom du tueur) 'ne voulait plus vivre' et désirait se venger de ces humiliations, a-t-elle ajouté.

Vladislav Rosliakov, un élève de 18 ans, a été identifié par les autorités comme ayant été l'auteur de l'attaque de mercredi qui a coûté la vie à 20 personnes et fait 44 blessés dans un lycée technique de Kertch, dans la péninsule de Crimée annexée en 2014 par la Russie.

'Nous avions un sujet d'intérêt commun parce que je m'entraîne au tir. Cela le passionnait aussi. Il aimait bien divers types d'armes', a-t-elle précisé à RT. 'Quand nous discutions ensemble, tout se passait bien. Il était gentil et sensible, il m'aidait quand ça allait mal', a encore dit l'adolescente.

Poutine blâme la mondialisation

Pour le président russe Vladimir Poutine, cette tragédie est 'le résultat de mondialisation' et des 'réseaux sociaux et internet', qui ont, selon lui, permis l'importation en Russie du phénomène des tueries de masse à partir des Etats-Unis.

'Nous ne créons pas le bon contenu pour les jeunes. Cela mène à des tragédies dans ce genre', a-t-il déclaré jeudi, alors que les autorités russes ont renforcé ces dernières années leur tour de vis sur l'internet.

Ces déclarations interviennent au moment où les enquêteurs tentent de comprendre ce qui a poussé l'auteur à commettre la pire tuerie en milieu scolaire de l'histoire de la Russie, que la presse a qualifiée de 'Columbine russe'.

'Passion pour les armes'

Selon le quotidien Kommersant, le jeune homme a 'grandi dans une famille assez pauvre': son père, handicapé, ne vivait pas avec sa mère, qui travaille dans une clinique médicale et est membre des Témoins de Jéhovah. Cette organisation, considérée comme 'extrémiste', est interdite en Russie.

Plusieurs médias ont fait le rapprochement avec la tuerie dans un lycée aux Etats-Unis qui avait fait 13 morts en 1999, tandis que des photos présumées du tueur de Kertch diffusées mercredi sur internet le montrent portant une tenue similaire à celle d'Eric Harris, l'un des deux auteurs du massacre de Columbine.

Selon les enquêteurs, le tueur, qui était armé d'un fusil et avait apporté avec lui deux bombes artisanales, fabriquait chez lui des engins explosifs et s'en vantait auprès de son entourage.

Permis de port d'armes

Selon le dirigeant de la Crimée, Sergueï Aksionov, l'assaillant, qui recevait une bourse pour ses études, n'avait jamais fait preuve d'agressivité dans son établissement scolaire.

Le corps du jeune homme a été découvert dans la bibliothèque du lycée, où il s'est donné la mort, selon les autorités. Il avait obtenu légalement un permis de port d'arme en passant avec succès tous les tests psychologiques, d'après une source des services de sécurité citée par les médias.

Sept blessés se trouvaient jeudi dans un état 'extrêmement grave', a indiqué la ministre russe de la Santé, Veronika Skvortsova. Elle a ajouté que les chirurgiens avaient dû procéder à des amputations en raison des blessures causées par 'des billes métalliques' incorporées à la bombe artisanale que l'auteur de la tuerie a fait exploser. Ce dernier a ensuite abattu avec un fusil d'autres élèves et des membres du personnel.

/ATS
 

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