De retour en campagne, Trump salue les « guerriers » venus l'écouter

Le président américain Donald Trump a loué samedi soir les 'guerriers' venus l'écouter à Tulsa ...
De retour en campagne, Trump salue les « guerriers » venus l'écouter

Trump retrouve les estrades de campagne mais pas la foule espérée

Photo: KEYSTONE/AP/Evan Vucci

Ignorant les mises en garde sur le coronavirus, le président américain Donald Trump a renoué samedi soir à Tulsa avec les réunions de campagne dont il raffole. La foule attendue pour donner un coup de fouet à une campagne de réélection n'était toutefois pas là.

Assurant être dans une forme éclatante, le 45e président des Etats-Unis s'en est pris avec virulence à son adversaire démocrate Joe Biden. Le qualifiant de 'marionnette' à la fois de 'la gauche radicale' et de la Chine, il l'a présenté comme un politicien n'ayant 'jamais rien fait' en un demi-siècle de carrière à Washington.

Dans un discours décousu de près de deux heures, Donald Trump s'est posé en défenseur de 'la loi et l'ordre'. Il a appelé les Américains à se rendre aux urnes le 3 novembre pour lui assurer un deuxième mandat de quatre ans. Mais la salle devant consacrer ce retour en fanfare n'était pas pleine, loin s'en faut.

Son directeur de campagne, Brad Parscale, a reconnu que les chiffres étaient en deçà des espérances, désignant comme responsables les 'manifestants radicaux' et 'une semaine de couverture médiatique apocalyptique'.

'Ralentissez le dépistage'

Une première brève allocution du président, initialement prévue en dehors de la salle pour les malchanceux qui n'y auraient pas accès, a été annulée à la dernière minute. Lundi, Donald Trump avait assuré dans un tweet que 'près d'un million' de personnes avaient réclamé des billets pour ce rendez-vous.

Tentant de retrouver le ton des réunions de campagne qui ont un joué un rôle central dans sa victoire surprise de 2016, le président américain de 74 ans a assuré qu'il était, contrairement à son adversaire de 77 ans, en pleine forme physique.

'S'il y a un problème, je vous le dirai', a-t-il lancé, revenant longuement sur une cérémonie à la prestigieuse académie militaire de West Point, au cours de laquelle il avait semblé donner des signes de fatigue. 'Il y a quelque chose qui ne va pas concernant [Joe, ndlr] Biden. Cela, je peux vous le dire', a-t-il ajouté.

'Centaines de milliers de vie' sauvées

Devant une salle où peu de ses partisans portaient des masques de protection, Donald Trump a vigoureusement défendu ses décisions face au Covid-19, qu'il a à nouveau qualifié de 'virus chinois'. 'J'ai sauvé des centaines de milliers de vies, mais personne ne salue jamais notre travail', a-t-il lancé.

Il a estimé que les tests étaient 'une arme à double tranchant': 'Quand on fait ce volume de dépistage, on trouve plus de gens. On trouve plus de cas'. Et, dans la foulée, il a ajouté sur un ton, semble-t-il, ironique: 'Alors j'ai dit: 'Ralentissez le dépistage''.

'Il plaisantait évidemment pour dénoncer la couverture médiatique absurde', s'est empressé d'indiquer peu après un responsable de la Maison-Blanche, sous couvert d'anonymat.

Quelques heures avant le début de ce rassemblement, six membres de son équipe de campagne avaient été testés positifs au Covid-19 et placés en quarantaine Selon l'équipe de campagne Trump, la température de tous les membres du public a été prise à l'entrée et masques de protection et gel désinfectant systématiquement proposés.

Flambée de Covid en Oklahoma

La première réunion de campagne du président républicain depuis le coup d'arrêt au début mars en raison de la pandémie de Covid-19 a suscité une vive polémique. Beaucoup s'inquiétaient des conséquences sanitaires d'une telle foule venue de tous les Etats-Unis. Jusqu'à présent relativement épargné, l'Oklahoma connaît en ce moment une forte poussée des cas détectés.

Entre 'trumpistes' et manifestants antiracisme, les autorités locales avaient dit attendre jusqu'à 100'000 personnes à Tulsa, dans cet Etat conservateur du sud des Etats-Unis tout acquis à sa cause.

Criant des slogans contre Donald Trump et le racisme, quelque 1000 manifestants ont défilé vers la salle de la réunion.

/ATS