Le résolution du conflit chypriote passe par le Mont Pèlerin (VD)

Les dirigeants chypriotes grec et turc ont entamé lundi au Mont Pèlerin (VD) des négociations ...
Le résolution du conflit chypriote passe par le Mont Pèlerin (VD)

Le résolution du conflit chypriote passe par le Mont Pèlerin (VD)

Photo: Keystone

Les dirigeants chypriotes grec et turc ont entamé lundi au Mont Pèlerin (VD) des négociations de 'la dernière chance' pour résoudre d'ici la fin de l'année un conflit de plus de 40 ans. Pour le secrétaire général de l'ONU, une solution est 'à portée' de main.

Les discussions, qui doivent durer jusqu'à vendredi, réunissent le président chypriote grec Nicos Anastasiades et le leader chypriote turc Mustafa Akinci. Après la neige du matin, la météo s'est dégagée pour leur ouverture par Ban Ki-moon. Les négociations seront ensuite dirigées par son émissaire Espen Barth Eide.

'Une avancée significative a été réalisée' dans les dix-huit derniers mois, a estimé le secrétaire général de l'ONU devant la presse avant le début des pourparlers. Elle a notamment porté sur la gouvernance et le partage du pouvoir. Mais 'un nombre de sujets sensibles et difficiles reste' à régler, a dit M. Ban.

Il estime toutefois une solution possible. 'Les attentes dans les deux communautés sont élevées', a-t-il aussi dit. Les deux dirigeants chypriotes ne se sont eux pas exprimés avant de lancer leur rencontre. Ils avaient récemment exprimé le souhait que la réunion vaudoise contribue à 'la dernière phase des discussions'.

Appel aux pays garants

Le secrétaire général de l'ONU a par ailleurs appelé les pays garants, la Grèce, la Turquie et la Grande-Bretagne, à apporter leur soutien. 'Tous les Chypriotes' devront bénéficier d'un accord qui pourrait être trouvé, a-t-il estimé.

Ces discussions sont considérées comme celles de la dernière chance, après l'échec d'un plan de réunification proposé par l'ONU en 2004. Le pays est divisé depuis 1974 lorsque l'armée turque a envahi la partie nord de l'île en réaction à un coup d'Etat visant à rattacher Chypre à la Grèce et qui inquiétait la minorité turcophone de l'île.

Cette invasion a été suivie par d'importants déplacements de populations. Des dizaines de milliers de personnes ont dû abandonner leurs biens du jour au lendemain. Depuis, la République de Chypre, membre de l'UE depuis 2004, n'exerce son autorité que sur deux tiers de l'île, dans le sud.

Son président a exhorté il y a quelques jours les deux parties à 'saisir cette opportunité, non seulement pour éliminer ou réduire les différends'. 'Mais aussi pour faire des progrès sur le territoire qui puissent mener à un règlement final', a dit M. Anastasiades.

Vers une fédération

Et M. Akinci a de son côté affirmé la nécessité de respecter le délai de la fin d'année pour conclure un accord. 'Après 50 ans, on ne peut continuer à discuter encore 50 ans. Tout le monde, dont l'ONU, a bien conscience de cela', a-t-il dit. Certains médias chypriotes affirment que la Turquie pourrait tenter d'annexer la République turque autoproclamée (RTCN) sans avancée d'ici janvier prochain.

Tout accord doit déboucher sur une fédération constituée de deux entités dans cette île d'environ un million d'habitants, dont une très grande majorité de Chypriotes grecs. Mais il devrait aussi être approuvé par les électeurs des deux parties. Or, les deux dirigeants sont critiqués par une partie de leur classe politique. Celle-ci redoute des concessions inacceptables à la partie adverse.

/ATS


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