Des cerveaux de porcs continuent à fonctionner après leur mort

Des chercheurs américains sont parvenus à rétablir certaines fonctions neuronales dans des ...
Des cerveaux de porcs continuent à fonctionner après leur mort

Des cerveaux de porcs continuent à fonctionner après leur mort

Photo: KEYSTONE/AP Yale School of Medicine/STEFANO G. DANIELE, ZVONIMIR VR

Des chercheurs américains sont parvenus à rétablir certaines fonctions neuronales dans des cerveaux de porcs morts depuis plusieurs heures. L'expérience, publiée mercredi dans la revue Nature, pose de nombreuses questions éthiques.

Elle est toutefois très loin de prouver qu'il est possible de ressusciter d'une mort cérébrale. En effet, les chercheurs insistent sur le fait qu'ils n'ont repéré dans les cerveaux étudiés 'aucune activité électrique qui serait le signe de phénomènes de conscience ou de perception'.

'Ce ne sont pas des cerveaux vivants, mais des cerveaux dont les cellules sont actives', assure l'un des auteurs de l'étude, Nenad Sestan. Selon ce chercheur à l'université américaine de Yale, les travaux montrent 'que l'on a sous-estimé la capacité de restauration cellulaire du cerveau'.

En outre, les résultats laissent penser que la détérioration des neurones 'après l'arrêt du flux sanguin pourrait être un processus de longue durée et non rapide', selon un communiqué de Nature.

Manque d'oxygène

Les cerveaux des mammifères sont très sensibles à une diminution de l'oxygène qui leur est fourni par le sang. Quand l'afflux sanguin est interrompu, le cerveau cesse d'être oxygéné, ce qui l'endommage de façon irrémédiable.

Les chercheurs ont utilisé 32 cerveaux prélevés sur des porcs morts depuis quatre heures. Grâce à un système de pompes, baptisé BrainEx, ils les ont irrigués durant six heures avec une solution spéciale, à une température équivalente à celle du corps (37 degrés Celsius). Cette solution, un substitut au sang, était conçue pour oxygéner les tissus et les protéger de la dégradation liée à l'arrêt du flux sanguin.

Les résultats ont été frappants: diminution de la destruction des cellules cérébrales, préservation des fonctions circulatoires, voire restauration d'une activité synaptique (signaux électriques ou chimiques dans la zone de contact entre les neurones).

Selon les chercheurs, cela pourrait aider à mieux comprendre le cerveau, en l'étudiant de façon postmortem avant qu'il ne se dégrade. Cela pourrait aussi ouvrir la voie à des techniques futures permettant de le préserver après une attaque cardiaque par exemple.

'Les défis immédiats posés par ces résultats sont avant tout éthiques', souligne un scientifique qui n'a pas participé à l'étude, le Pr. David Menon, de l'université de Cambridge. 'Cela remet en question notre conception de ce qui fait qu'un animal ou un homme est vivant', assurent d'autres scientifiques dans un commentaire publié par Nature pour accompagner l'étude.

/ATS
 

Actualités suivantes