Echange stéréotypes israélo-palestiniens contre chocolat suisse

Dix jeunes Israéliennes et Palestiniennes, qui 'vivent sous le même ciel' à Haïfa (Israël) ...
Echange stéréotypes israélo-palestiniens contre chocolat suisse

Echange stéréotypes israélo-palestiniens contre chocolat suisse

Photo: Keystone

Dix jeunes Israéliennes et Palestiniennes, qui 'vivent sous le même ciel' à Haïfa (Israël), ont passé dix jours en Suisse pour mieux se connaître. Elles retournent au pays débarrassées de certains préjugés et les valises remplies de chocolat.

'Je suis venue pour rencontrer des filles juives', raconte Abeer. Même argument chez Shaked qui voulait en apprendre plus sur la culture arabo-palestinienne.

A Haïfa, une ville au nord d'Israël, où vivent côte à côte Israéliens et Palestiniens, la démarche des lycéennes de 17 ans est soutenue par leurs parents, expliquent-elles lors d'une rencontre avec l'ats.

Complicité

En Suisse, grâce au groupe de Haïfa 'Her Voice' (sa voix) et à l'organisation lausannoise 'coexistences', elles ont eu dix jours - du 20 au 29 août - pour se rapprocher. Entre montagne et ville, elles ont partagé des moments de complicité, notamment autour d'une fondue ou d'une raclette.

Les jeunes filles ont aussi entendu les histoires des autres, de ce qu'ont vécu les grands-parents ou les parents. Des récits qui n'ont pas toujours été faciles à entendre.

Au terme de leur séjour en Suisse, les lycéennes sont devenues très complices. 'Je suis venue avec des stéréotypes et je repars avec du chocolat dans ma valise (et quelques kilos en plus)', confie en rigolant Shaked. Toutes abondent avec un sourire entendu. Le programme leur a appris à se défaire des préjugés.

Une culture

'Nous sommes de cultures différentes et pourtant nous avons le même âge, nous vivons dans la même ville. Il est important de nous connaître', souligne Yasmin. Grâce à 'Her Voice', elles se sont découvert des points communs: 'Nous aimons la même musique, les mêmes magasins', décrit Shaked en lançant un regard complice à ses amies.

'Avant de partir, nous nous rencontrions, nous faisions déjà des fêtes', explique Yasmin. Pourtant elles n’étaient pas aussi liées qu'aujourd’hui, rappelle Gala en taquinant sa voisine. Quand les adolescentes ont commencé le programme à Haïfa, il leur était difficile de se lier et d’apprendre à vraiment bien se connaître, car la vie sociale de la ville est très cloisonnée, explique Edgar Bloch, membre du comité de 'coexistences'.

Petit à petit, grâce au séjour en Suisse, des liens se sont créés, les différences se sont estompées. Yasmin raconte qu'en Israël, elles se sentent comme appartenant à deux cultures; mais en Suisse, 'nous n'en étions plus qu'une. Les Suisses étaient ceux d'une autre culture. Nous, nous étions une famille.'

Changer le futur

'Il faut essayer et écouter avant de juger', plaide Abeer, retrouvant un peu de sérieux. Yasmin souhaite, elle, montrer à tout le monde qu’Arabes et juifs peuvent être amis, 'que nous pouvons être ensemble parce que nous sommes les mêmes'.

Elles sont toutes d'accord pour dire que même s'il y a un conflit, cela ne veut pas dire qu'elles ne peuvent pas être amies. Assises les unes à côté des autres, les distinctions ont disparu.

'Je ne peux pas changer le passé. Mais je peux changer le futur', souffle Shaked. 'C'est ma responsabilité de montrer mon opinion, d'aller voter, de manifester, d'en parler, de rendre les autres attentifs', martèle-t-elle.

L'année prochaine, les dix filles veulent créer un projet pour leurs communautés afin de transmettre ce qu'elles ont appris les unes des autres.

Pas de solution miracle

A Haïfa, ville mixte, la communauté est ouverte. Mais ce n’est pas le cas partout en Israël. Haïfa n'est pas Jérusalem, rappellent les adolescentes.

D’une voix, 'leur voix', les dix filles aspirent, pour les deux côtés, à vivre en paix, en liberté et en sécurité. Comme en Suisse, sourient-elle. Mis à part le chocolat et la fondue, elles y ont apprécié la liberté de mouvement. 'C’est tellement facile de passer la frontière; en Israël il faut attendre longtemps', raconte Yasmin.

Shaked sait qu'elles n'ont pas 'la solution miracle'. Mais elle sait aussi que la coexistence pacifique est possible.

10 ans d'existence

L’organisation 'coexistences' a été créée en 2007. Elle accueille en moyenne trois groupes par année en Suisse. Plusieurs centaines de Palestiniens et d’Israéliens ont ainsi pu profiter de l’offre de l’organisation et se retrouver en terrain neutre.

/ATS
 

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