Ex-espion empoisonné: Londres accuse Poutine - Colère de Moscou

Londres a provoqué vendredi la colère du Kremlin en jugeant 'probable' que Vladimir Poutine ...
Ex-espion empoisonné: Londres accuse Poutine - Colère de Moscou

Ex-espion empoisonné: Londres accuse Poutine - Colère de Moscou

Photo: KEYSTONE/AP/FRANK AUGSTEIN

Londres a provoqué vendredi la colère du Kremlin en jugeant 'probable' que Vladimir Poutine ait 'ordonné' l'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Skripal. Moscou a ouvert une enquête sur l'empoisonnement d'Ioulia Skripal, la fille de l'ancien agent double.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson a assuré que Londres en voulait au 'Kremlin de Poutine' et non à la Russie pour l'empoisonnement de Sergueï Skripal et sa fille Ioulia le 4 mars à Salisbury, petite ville du sud de l'Angleterre.

'Nous pensons qu'il est extrêmement probable qu'il s'agisse de sa décision d'ordonner l'utilisation d'un agent neurotoxique dans les rues du Royaume-Uni, dans les rues de l'Europe, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale', a déclaré M. Johnson, au côté de son homologue polonais Jacek Czaputowicz.

'Choquant et impardonnable'

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a aussitôt réagi: 'Toute mention ou référence à notre président n'est rien d'autre que choquant et impardonnable en termes d'étiquette diplomatique', a-t-il dit.

Le ton ne cesse de monter entre Moscou et Londres, soutenu par ses principaux alliés occidentaux, depuis que Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, ont été victimes d'une attaque avec un agent innervant militaire, de fabrication russe selon les autorités britanniques. Ils sont toujours hospitalisés en état 'critique'.

Mercredi, Theresa May a annoncé l'expulsion de 23 diplomates russes, une mesure inédite depuis la Guerre froide, et le gel des contacts bilatéraux avec la Russie. La riposte de Moscou, qui nie son implication, est à attendre 'd'une minute à l'autre', a déclaré le porte-parole du Kremlin. Il a ajouté que ces mesures de représailles seraient 'mûrement réfléchies'.

Poutine toujours muet

En déplacement à Astana, la capitale du Kazakhstan, pour une réunion sur la Syrie, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avait auparavant confirmé que Moscou expulserait de son territoire des diplomates britanniques 'sur un principe d'égalité'. Selon M. Peskov, l'intensité de la riposte russe sera décidée in fine par le président Vladimir Poutine. Ce dernier est resté jusqu'à présent silencieux sur l'affaire.

A l'agenda européen

Le Comité d'enquête russe a par ailleurs annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête pour 'tentative d'assassinat' de Ioulia Skripal mais aussi pour le 'meurtre' à Londres de Nikolaï Glouchkov, un exilé russe et ancien partenaire de l'ex-oligarque et opposant au Kremlin Boris Berezovski, retrouvé mort dans des circonstances inexpliquées à Londres lundi. La Grande-Bretagne a aussi ouvert une enquête pour meurtre dans cette deuxième affaire.

Le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg a appelé vendredi la Russie à 'coopérer' sur l'affaire Skripal, soulignant que l'alliance 'ne voulait pas d'une nouvelle Guerre froide'. Elle a en outre été ajoutée à l'agenda du sommet européen programmé les 22-23 mars à Bruxelles, a indiqué vendredi une source européenne.

/ATS
 

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