France: pour les moins de 55 ans, un autre vaccin après AstraZeneca

Les déboires continuent pour le vaccin d'AstraZeneca. En France, les moins de 55 ans vaccinés ...
France: pour les moins de 55 ans, un autre vaccin après AstraZeneca

France: pour les moins de 55 ans, un autre vaccin après AstraZeneca

Photo: KEYSTONE/AP/Francois Mori

Les déboires continuent pour le vaccin d'AstraZeneca. En France, les moins de 55 ans vaccinés une première fois avec lui se verront proposer un vaccin différent pour la 2e dose. Hong Kong a pour sa part suspendu sa commande du produit.

La Haute autorité de santé (HAS) française a officialisé vendredi matin la nouvelle règle, jugée 'totalement logique' par le ministre de la Santé Olivier Véran pour les plus de 500'000 personnes concernées, dont il fait lui-même partie.

Concrètement, une personne de moins de 55 ans vaccinée avec l'AstraZeneca aura un rappel avec un vaccin à ARN messager, soit celui de Pfizer/BioNTech, soit celui de Moderna, a indiqué la HAS.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a pour sa part réitéré qu'elle ne pouvait faire une telle recommandation 'à ce stade', en l'absence de 'données adéquates'.

Résoudre un casse-tête

Pour les autorités sanitaires, il s'agit de résoudre un nouveau casse-tête provoqué par le vaccin du laboratoire anglo-suédois, dont le parcours chaotique est lié notamment au risque de thromboses (caillots sanguins) atypiques qu'il provoque de manière exceptionnelle.

Le 2 février, juste après son autorisation, il est d'abord réservé aux moins de 65 ans en France, faute de données sur son efficacité chez les plus âgés. Un mois plus tard, son utilisation est élargie aux seniors.

Mais à la mi-mars, le vaccin est suspendu quelques jours après des signalements en Europe de thromboses. Entretemps, la France avait décidé le 19 mars de l'injecter uniquement aux plus de 55 ans, car ces thromboses rarissimes ont surtout été observées chez des sujets plus jeunes.

D'autres pays ont également fixé des limites d'âge, mais sans forcément choisir la même. AstraZeneca est par exemple réservé aux plus de 30 ans au Royaume-Uni, où il a massivement été utilisé et où la campagne vaccinale est beaucoup plus avancée, aux plus de 60 ans en Allemagne, ou de 65 ans en Suède.

Violente 3e vague

Plus de trois mois après le début de la campagne vaccinale, le ministre français de la Santé s'est félicité d'un record battu jeudi, avec 437'000 piqûres sur une seule journée, qui a aussi vu la France dépasser les 10 millions de premières doses injectées.

Alors qu'environ 12 millions de doses doivent être livrées à la France en avril, Olivier Véran a rappelé les prochains caps fixés: 20 millions de premières doses injectées à la mi-mai, 30 millions à la mi-juin, en ouvrant la vaccination aux 60-69 ans à la mi-avril.

La cadence de la campagne est un enjeu crucial, au moment où la France affronte une violente troisième vague épidémique marquée par un très fort afflux de malades à l'hôpital et dans les services de réanimation, et un nombre de décès reparti à la hausse la semaine dernière (2032 contre 1842 la semaine précédente), selon le bulletin épidémiologique hebdomadaire de Santé publique France.

Commande suspendue à Hong Kong

Hong Kong a de son côté confirmé avoir demandé à AstraZeneca de suspendre sa commande de vaccins par crainte d'effets secondaires et d'inquiétudes quant à son efficacité contre les nouveaux variants du coronavirus.

Le riche centre financier a sécurisé la livraison de vaccins pour ses 7,5 millions d'habitants. Il signé des contrats portant sur 7,5 millions de doses chacun avec l'alliance américano-allemande Pfizer/BioNTech et le laboratoire chinois Sinovac, qui ont tous deux commencé à les livrer.

Hong Kong souhaite également étudier la possibilité de se procurer d'autres vaccins ayant une meilleure efficacité sur les variants du coronavirus.

Très densément peuplé, le territoire, qui compte près de 7,5 millions d'habitants, affiche très peu de contaminations grâce notamment à de sévères restrictions et un port du masque très respecté.

Bien que Hong Kong dispose d'un approvisionnement régulier et suffisant en vaccins, les habitants semblent toutefois peu enclins à se faire vacciner notamment dans un contexte de méfiance à l'égard du gouvernement pro-Pékin.

/ATS
 

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