Israël étend ses opérations, l'OMS veut évacuer l'hôpital al-Chifa

L'hôpital al-Chifa, le plus grand de la bande de Gaza visé par des raids israéliens, est devenu ...
Israël étend ses opérations, l'OMS veut évacuer l'hôpital al-Chifa

Israël étend ses opérations, une trentaine de bébés évacués

Photo: KEYSTONE/AP/Ariel Schalit

Plus de 30 bébés prématurés ont été évacués dimanche de l'hôpital al-Chifa pour être transférés vers l'Egypte. Dans le même temps, Israël 'continue à étendre ses opérations' contre le Hamas avec des combats intenses et des bombardements dans le nord de Gaza.

L'armée israélienne, qui a pris le contrôle du complexe hospitalier dans la ville de Gaza, a indiqué avoir découvert un tunnel souterrain, utilisé selon elle par les combattants du mouvement islamiste. Elle a également diffusé des images venant d'après elle des caméras de surveillance de l'hôpital, montrant des otages enlevés le 7 octobre, jour de l'attaque sanglante du Hamas sur le sol israélien.

Les négociations menées par le Qatar se poursuivent aussi pour obtenir la libération d'otages, au 44e jour de la guerre déclenchée par cette attaque d'une ampleur inédite dans l'histoire du pays. Selon les autorités, 1.200 personnes ont été tuées ce jour là, en grande majorité des civils.

En représailles, Israël a juré d''anéantir' le Hamas, son armée pilonnant sans relâche le petit territoire où elle a lancé une opération terrestre le 27 octobre. Mais l'ampleur des destructions suscitent les réprobations d'une partie de la communauté internationale.

'Séquelles importantes'

Les 31 bébés prématurés qui étaient encore dans l'hôpital al-Chifa ont été transportés dans une structure installée par les Emirats arabes unis à Rafah, dans le sud de Gaza, pour recevoir 'des soins urgents dans l'unité de soins intensifs néonatals', a indiqué sur X le patron de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.

'Ces bébés ont beaucoup souffert' et ont subi des 'séquelles importantes', a expliqué à la presse le directeur général des hôpitaux de la bande de Gaza, Mohammed Zaqout. Huit d'entre eux sont morts par manque de soins avant leur transfert dont deux dimanche matin, a-t-il ajouté.

Samedi, le chef de l'OMS avait décrit l'hôpital al-Chifa comme une 'zone de mort' où la situation était 'désespérée' en raison du manque d'eau, d'électricité, de médicaments, de nourriture et de matériel médical.

L'hôpital avait été vidé samedi d'une grande partie de ses résidents - patients, membres du personnel médical, personnes déplacées qui y avaient trouvé refuge - qui sont partis vers le sud du territoire, moins touché par la guerre.

L'organisation onusienne prépare l'évacuation vers d'autres hôpitaux de Gaza des 291 patients restants, incapables de se déplacer sans assistance médicale.

Selon l'armée, le complexe hospitalier abrite un repaire du Hamas, installé notamment dans un réseau de tunnels. Le mouvement islamiste, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, dément ces allégations.

Souterrain

L'armée a annoncé la découverte d'un tunnel long de 55 mètres et creusé à 10 mètres de profondeur sous un hangar de l'hôpital, contenant des armes dont des 'lance-grenades, des explosifs et des Kalachnikov'.

Elle a également diffusé des vidéos, que l'AFP n'a pas pu authentifier dans l'immédiat, montrant notamment un homme blessé amené dans l'établissement sur une civière, entouré d'hommes armés. Sur une autre, un individu semble lutter alors qu'il est poussé dans un couloir. Ils sont identifiés comme citoyens népalais et thaïlandais. 'Nous n'avons pas encore localisé ces deux otages', a dit le porte-parole de l'armée Daniel Hagari.

Un haut responsable du Hamas a confirmé dans un communiqué que des otages, blessés notamment par les bombardements, avaient été soignés dans des hôpitaux.

Les opérations s'étendent

Les combats entre Israël et le Hamas, classé organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël, se concentrent dans le nord du territoire.

L'armée israélienne a affirmé continuer 'à étendre ses opérations dans de nouveaux quartiers de la bande de Gaza', notamment dans les secteurs de Jabaliya et de Zaytoun.

De violents combats ont eu lieu dimanche dans le centre de Gaza-Ville avec des tirs de chars israéliens répondant à ceux des lance-roquettes des combattants palestiniens, et les frappes aériennes se sont intensifiées en soirée. Un journaliste de l'AFP sur place a entendu une succession des bombardements aériens rapprochés et vu des colonnes de fumée s'élever au-dessus du camp de réfugiés de Jabaliya.

Selon le ministère de la Santé du Hamas, 41 membres d'une même famille sont morts dans une frappe israélienne sur leur maison à Jabaliya. L'armée a annoncé la mort de cinq soldats, portant à 64 le nombre de militaires tués à Gaza depuis le début de la guerre.

Samedi, le Hamas avait affirmé que des frappes israéliennes sur le camp de réfugiés de Jabaliya, géré par l'ONU, avaient fait plus de 80 morts, dont au moins 50 dans une école hébergeant des déplacés. Israël n'a pas confirmé ces frappes.

Au total, 13'000 personnes avaient été tuées dans les bombardements israéliens depuis le 7 octobre, dont plus de 5500 enfants, selon le mouvement islamiste.

Netanyahu interpellé par Macron

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, a condamné dimanche les 'événements horribles' survenus depuis 48 heures à Gaza, estimant que certaines actions de l'armée israélienne comme la frappe sur l'école de Jabaliya pourraient constituer des 'crimes de guerre'.

Le président français Emmanuel Macron a interpellé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sur les 'trop nombreuses pertes civiles' à Gaza, lui rappelant la 'nécessité absolue de distinguer les terroristes de la population', selon l'Elysée.

L'ONU considère que plus des deux tiers des 2,4 millions de Gazaouis ont été déplacés par la guerre dans le territoire soumis depuis le 9 octobre à un 'siège complet' par Israël, qui bloque les livraisons de nourriture, d'eau, d'électricité et de médicaments.

Sur demande américaine, Israël a toutefois accepté de livrer du carburant. Environ 120'000 litres sont arrivés samedi, selon l'ONU qui estime ces livraisons insuffisantes.

'Plus proche que jamais'

Parallèlement, les négociations avancent sur la libération d'otages parmi les 240 personnes enlevées et ramenées à Gaza le 7 octobre.

Dimanche, le Qatar, qui mène une médiation, a affirmé qu'il ne restait que des obstacles 'très mineurs', notamment 'logistiques' et 'pratiques' en vue d'un accord, sans fournir de calendrier.

L'adjoint au conseiller à la sécurité nationale du président américain Joe Biden, Jon Finer, a estimé sur NBC que l'accord était 'plus proche que jamais' et incluait la libération de 'plusieurs dizaines' d'otages contre une 'période prolongée de pause, plusieurs jours' dans les combats.

En Israël, la pression s'accentue sur le gouvernement, qui refuse jusqu'ici tout cessez-le-feu sans libération des otages. Leurs proches vont rencontrer lundi soir 'l'ensemble du cabinet de guerre' israélien, selon le Forum des familles des otages et disparus.

Les tensions sont aussi vives en Cisjordanie occupée où au moins deux personnes ont été tuées dimanche par l'armée, selon le Croissant-Rouge palestinien.

/ATS
 

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